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01/12/2010

Opérations- témoignage (03)

Journal du Souvenir (03)

Décembre 2010

De la classe de 5e de l’école Saint-Feuillen  -  Titulaire : Mr Laurent            

Mercedes : La 2ème guerre mondiale est une guerre pleine d’intrigues qui s’est déroulée pendant plus de 3 ans dans les cabinets des hommes d’Etat, dans les salles de torture, dans les prisons et au sein des services   d’espionnage.  

Anne Franck.jpg

Le témoignage le plus connu est celui d’Anne Frank. Traquée par la Gestapo, Anne Frank et sa famille pénètrent dans le grenier d’une maison d’Amsterdam. Là, les Frank partagent leur cachette avec une autre famille. Anne Frank suit la tragédie que chacun vit et décrit la vie de ceux qui l’entourent.

J-B : Ma grand-mère avait entre 7 et 8 ans pendant la guerre. Elle vivait à Bruxelles. Elle se souvient des officiers allemands en uniformes verts. Dans les trams, un wagonOfficier allemand.jpg était réservé aux Allemands, même pour un seul voyageur.

Des sirènes prévenaient du passage d’un avion : à l’école, il fallait descendre à la cave et les cours continuaient sur les bancs qu’on y avait installés.

On lui répétait de ne rien ramasser par terre, ça pouvait être une mine, un engin explosif,…

 

MARMIT~1.JPGSa grand-mère faisait du gâteau genre cake à la farine de pomme de terre. Elle avait fait une « casserole norvégienne » dans une caisse avec des couvertures qui lui servaient de four ; le gâteau montait au milieu.

 

 

Daemian : Au début de la seconde guerre mondiale, un plan d’évacuation a été mis en place pour laisser champ libre au mouvement des troupes.

On pouvait obtenir des tickets de rationnement à la maison communale. Il y avait des prioritaires : les femmes enceintes en premier, les invalides en dernier !

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Les résistants sabotaient les points stratégiques comme les ponts, les pylônes électriques. Parfois, les Allemands organisaient des représailles lorsque des soldats allemands avaient été blessés ou étaient morts à cause des actions des résistants. Ils prenaient des otages et les fusillaient…

Des membres des familles des fusillés dénonçaient parfois les résistants ou leurs indicateurs, leurs sympathisants !

Chloé : Mon papy Louis est né le 12 mai 1939, avant la guerre. Le seul souvenir qu’il a de la guerre c’est quand les Allemands ont mis le feu à la tour du château d’eau de Bambois.

V1%20et%20V2.jpgMa mamy Marcelle est née en 1935. Elle avait 5 ans quand la guerre a commencé. Les Allemands ont fait exploser le pont de Farciennes et le plafond de ma maison a bougé ! Un V1 est tombé au Wainage.

Mon papy Jean avait 2 ans pendant la guerre. Il se souvient que l’on a fusillé des personnes du village de Farciennes.

 

Laura : C’est notre instituteur qui nous a dit que la guerre commençait. Nous avions 5 et 13 ans. On habitait dans les Ardennes et on entendait fort les Allemands.

Mon papa était militaire et il est entré dans la résistance. On est resté sur place.paras%20sautant.jpg

 

J’ai vu des parachutistes qui sautaient des avions. On a aussi assisté au passage de V1 et V2. Certains tombaient et faisaient beaucoup de dégâts.

 

BOMBAR~1.JPGDélia : Mon arrière-grand-mère Thérèse avait 13 ans au début de la guerre. Elle raconte : J’habitais à 500m de la gare. Mon papa avait été soldat pendant la guerre 1914-18 : il en avait gardé des séquelles mentales. Il était souvent violent et faisait des crises de colère. Il haïssait les Allemands. Il les insultait de « sales boches ». Lorsqu’ils passaient, nous enfermions papa dans la cave.

Chaque jour, nous vivions dans la peur ! Nous craignions les violences de la part des Allemands, des SS surtout. Nous avions peur des arrestations, peur de voir la maison incendiée ou de mourir de faim !

Durant les deux dernières années de la guerre, nous craignions que les avions américains survolant notre village ne lâchent maladroitement leurs bombes sur notre maison.

J’ai donc eu peur, faim et froid pendant 5 années. J’ai eu la chance de survivre à tous ces drames. Mais je n’ai jamais oublié mon adolescence ratée et toutes ces années difficiles.

Théo : Sur le site internet de Wikipédia, sous le titre « Seconde guerre mondiale », on trouve une mine de renseignements sur ce conflit, sur ses différents acteurs et sur l’évolution de la guerre. 

laissez-passer%20en%2040.jpgJean Romain raconte :

Lorsque j’ai atteint mes 17 ans, j’ai été amené à aider la résistance.

Le vicaire de Fosses m’avait appelé pour me demander d’aller chez le curé de Mettet en vélo pour recevoir un colis.  Le curé me fait entrer chez lui et me demande de me retourner pendant qu’il va à son bureau ; comme j’étais curieux, j’ai regardé en coin et je l’ai vu soulever le fond d’un tiroir et en sortir une grande enveloppe qu’il me remet en me recommandant de la cacher. Je la mets dans la sacoche de mon vélo. En revenant vers Fosses, je suis arrêté par des Allemands qui me demandent où je vais. Je trouve une réponse et j’ai la chance qu’ils ne m’inquiètent pas et ne me fouillent pas…

Heureusement pour moi car j’ai appris en remettant l’enveloppe au vicaire de Fosses qu’elle contenait des laissez-passer qui devaient faciliter la circulation de résistants, de pilotes anglais ou de juifs.

Sevdenur : A la fin de la guerre, les Allemands tentèrent une nouvelle fois d’attaquer les Alliés et ce fut la « Bataille des Ardennes » à laquelle participa notamment lela-bataille-des-ardennes-1965-3802-1416784279.jpg 5ème Bataillon Fusiliers.

 

Ce Bataillon prit part à la Bataille des Ardennes. Certains membres du 5ème furent la cause de l'arrêt  des chars allemands (faute de carburant) commandés par le Colonel SS Peiper: afin que les Allemands ne puissent les utiliser, ils mirent tout simplement le  feu aux "jerrycans" de carburants qu'ils avaient ordre de garder, peu avant l'approche des chars nazis! (Un tas de jerrycans d'essence =     3 mètres de large x 20 mètres de long)(photo)

 

 

Michel Dargent raconte la libération :

Nous étions le 4 septembre 1944. Les Américains débarquaient à Le Roux. Des avions bimoteurs  atterrissaient pas loin de la chapelle Saint-Roch, et les enfants découvraient pour la première fois le chewing-gum et le chocolat (l’industrie chocolatière belge s’était arrêtée pendant cinq ans).

Le soir, une cantine s’installait à l’orée du bois menant vers Devant-les Bois. De nombreuses personnes venant de toute la région accoururent pour fêter, comme il se doit, ceux qui nous faisaient retrouver une liberté perdue depuis 4 ans.

22:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

19/11/2010

A Le Roux, les jeunes deviennent des « passeurs de mémoire ».

Le jeudi 11 novembre 2010 à Le Roux, les participants à l’hommage aux victimes des deux guerres sont nombreux. Parmi eux, les autorités communales, les porte-drapeaux des associations patriotiques ainsi que les directions et enseignants des écoles de l’entité qui côtoient les élèves et leurs parents. 

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Prenant la parole avant la messe, Christian Chabot, Président du Comité du Souvenir,  annonce que la Région Wallonne a accepté de subsidier les travaux de rénovation du monument aux morts du cimetière de Fosses et du monument à Georges Cotelle à Le Roux et cela dans le cadre d’une action exceptionnelle de conservation des monuments mémoriels proposée par la Région wallonne. Le Comité du Souvenir, en collaboration avec l’administration communale de Fosses-la-ville, avait introduit deux dossiers qui devaient être accompagnés d’un projet pédagogique à développer dans les écoles pour sensibiliser les élèves au devoir de mémoire. Pour présenter ce projet, Mr Chabot cède la parole à Fernand Galais, délégué aux écoles du Comité.

 

Le projet pédagogique consistait en une opération témoignage à laquelle les élèves des écoles de l’entité étaient conviés.

 

Mr Galais se réjouit de l’accueil réservé à cette opération dans les écoles où les jeunes journalistes ont recueilli les témoignages de leurs grands-parents et des témoins qui sont passés dans les classes, sur la façon dont ils avaient vécu la guerre 40.

 

Après avoir remercié les témoins Jean Romain, Robert Dewez, Germaine Foriez, Anny Batardy, Arthur Berger, Marius Grégoire, Adelin Goffart et Joseph Jacqmart, Mr Galais conclut : « Nous avons vite compris qu’ils étaient heureux de transmettre ces témoignages afin que nul n’oublie et que les jeunes deviennent, eux aussi, des passeurs de mémoire ».

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Il invite ensuite les élèves à raviver la flamme du souvenir en lisant quelques témoignages qu’ils ont recueillis :

Les élèves de l’école St Feuillen  évoquent les conditions difficiles de l’évacuation vers la France et de la peur d’être mitraillés par les avions allemands.

 

Les élèves de l’école communale de Le Roux  parlent des privations de liberté et de nourriture pendant l’occupation allemande.

 

Les élèves de l’Athénée et de l’école du Bosquet racontent la vie difficile des prisonniers et le courageux combat des résistants.

 

Enfin pour le Collège St André, Mr Baclain, professeur d’Histoire retrace les derniers combats de 44-45 et témoigne de l’émotion de la libération des prisonniers telle que l’a vécue Robert Dewez.

 

Mr Galais termine cette présentation en remerciant les jeunes, leurs parents et leurs enseignants ainsi que les directions d’école pour leur collaboration à cette opération.

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La messe concélébrée par Mr le Curé Lambiotte et le Mr le Doyen Favart était rehaussée par les chants de la chorale de la paroisse de Le Roux qui, à la fin de la messe, entonna une vibrante Brabançonne, clôturant en beauté cette célébration.

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Au cimetière, un hommage aux victimes fut rendu par Me Battardy, échevine. Ensuite, les élèves déposèrent une rose pendant l’appel aux morts prononcé par Mr Chabot. Les Conseillers Etienne Drèze et Chantal Borgniet déposèrent une gerbe aux monuments des deux guerres. La sonnerie Aux Champs et la Brabançonne ponctuèrent cet hommage.

 

Une dernière manifestation se déroula à l’école communale, devant la plaque commémorative des 150 ans de l’indépendance de la Belgique. Tous les participants y entonnèrent la Brabançonne dans un bel élan de patriotisme.

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Un vin d'honneur termina cette commémoration marquée par la participation encourageante des écoles de l'entité.

La presse régionale était présente, découvrez la page de « L’Avenir » en cliquant sur le lien suivant :

L'Avenir_11 nov.2010.pdf

 

14/11/2010

A la Belle-Motte, se souvenir de ceux de 14-18.

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Lors de la cérémonie commémorant l’Armistice de la « Grande Guerre » de 14 -18 au cimetière militaire de la Belle-Motte, un hommage particulier a été rendu au soldat Henri Bretin inhumé à la nécropole sous la tombe n° 1.110. Venus tout droit de Vendée pour la circonstance, Gilles Bretin et ses trois sœurs étaient présents pour la toute première fois sur la sépulture de leur grand-père.

  
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Ils étaient accueillis par le nouveau bourgmestre d’Aiseau-Presles, Monsieur Jean Fersini, et l’ensemble de son collège, par les associations patriotiques de la commune, par Daniel Tilmant représentant le comité du Souvenir et une belle participation de la population. Etait également fidèle au rendez-vous pour la circonstance, le jeune Maxime Soupart qui depuis 2006 a accepté de prendre en charge le parrainage de ce soldat. Chaque année au mois d’août, il vient fleurir sa tombe d’un bouton de rose.

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Le soldat Henri Bretin a été tué à l’ennemi le 24 août 1914 à Tournai à l’âge de 27 ans. Il fait partie d’un Escadron du 3ème Dragon qui avec deux bataillons du  84ème R.I.T. occupent Tournai le 23 août. Ses soldats Vendéens sont pour la plupart quadragénaires, dotés d’un armement ancien. Le 24 août, pendant plus de six heures, ils tiennent tête à trois divisions d’Infanterie allemande. Cinquante trois d’entre eux seront tués. La plupart reposent aujourd’hui à Tournai, sous le tertre sur lequel fut érigé, en 1924, un monument à leur héroïsme. Nous ne connaissons pas la raison pour laquelle six d’entre eux sont inhumés, en 1922, en la Nécropole de la Belle-Motte.

 

A plusieurs reprises, les familles de ces six soldats se sont rendues à Tournai pour se recueillir sur ce qu’elles croyaient être la tombe de leur parent. Ce n’est que depuis 2009, qu’elles connaissent l’endroit où ils sont réellement enterrés.

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Un dépôt de fleurs au pied de l’Ogive par des enfants clôtura ces instants émouvants et solennels de recueillement sous les notes de la sonnerie « Aux Morts ».

Fiche MDH_Bretin Henri Constant Dominique.jpg

01/11/2010

Opérations-Témoignage (02)

Journal du Souvenir n° 02

Novembre 2010

de l’école communale de Le Roux.  Titulaire : Me Corinne (5e et 6e)

Journalistes : Eva, Louis, Larissa, Florian, Thomas, Nathan, Alice et Océane.

Le Roux 022.JPG

 

Comment as-tu vécu cette guerre, papy, mamy, … ?

A la guerre 14-18 on a connu les batailles de la Belle-Motte, du Lotria à Auvelais, à Arsimont et tout le long de la Sambre. C’était une guerre très meurtrière, avec plus de 4000 morts. En 1940-45, les Allemands étaient beaucoup plus forts que nous en nombre, en matériel militaire, en armes de combats, en chars,…..

Nous avons entendu des avions et nous avons vu des soldats allemands armés de fusils qui avançaient dans les villes et les villages, en jeep, en motos, en autos, en camions. La population a été prise de panique. Beaucoup sont partis vers la France, abandonnant ce qu’ils possédaient.

 

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Dès la déclaration de guerre, mon papa a été rappelé sous les drapeaux et ma maman est partie en évacuation pour rejoindre sa famille française dans le centre de la France. Je l’accompagnais avec ma petite sœur qui avait 6 semaines.

 

Dès le 14 mai, mes grands-parents ont évacué en France, vers Amiens. Ils sont partis en vélos et avec deux chariots. Le fermier avait préparé 100 kilos de beurre !

 

 

J’avais presque 15 ans quand l’armée allemande a envahi notre pays. Mes trois frères ont été rappelés pour la guerre et les jeunes étaient recrutés pour travailler en Allemagne. J’ai donc abandonné mes études pour aider mes parents à la ferme.

 

…pendant l’occupation allemande ?

 

Des troupes allemandes passaient la nuit dans les fermes. Chez nous, on était obligé d’accepter les officiers qui dormaient dans les lits et on devait leur fournir eau, savon, essuies pour le lendemain matin.

 

Dès que les civils entendaient la sirène qui annonçait les avions alliés venant bombarder les troupes allemandes, ils se réfugiaient dans les caves ou les abris.

 

Les Allemands réquisitionnaient le bétail pour la viande et les denrées alimentaires. Des bons par ménage étaient distribués dans les communes.

 Timbres LRX.jpg

Avec les timbres de ravitaillement, on avait droit à 1 kg de sucre par mois et de la farine mais de mauvaise qualité. Nous achetions du grain que nous allions faire moudre au moulin. Le mélange des deux farines donnait un pain plus ou moins correct. A la maison, nous avions des chèvres et donc du lait.

 

Mes parents possédaient une ferme ; on avait donc de quoi manger.

 

Mon papa courait derrière les camions pour ramener les pains que le camion perdait.

Ma maman faisait des galettes et les Allemands les prenaient au fur et à mesure qu’elles sortaient du four.

 

Quelle était l’attitude des Allemands ?

 

Les Allemands n’étaient pas méchants avec nous. Si on ne les provoquait pas, les soldats ne faisaient pas de mal aux civils.

 

Un Allemand avait pris ma petite sœur de 3 ans sur ses genoux pour la faire sauter et il pleurait car ça lui rappelait sa famille.

 

A certains endroits, ils ont commis des atrocités et ont même fusillé des familles entières. Ceux qu’on craignait le plus, c’était les SS et les Belges qui se sont engagés dans leurs troupes.

 

Après la libération, des résistants se sont vengés de ces « collaborateurs » parfois même en les tuant. Ils ont aussi puni les femmes qui avaient aimé des allemands en tondant complètement leurs cheveux.

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Ce sont les SS qui ont arrêté les Juifs pour les conduire en Allemagne à partir de 1942. Ils ont été déportés dans des longs trains de marchandises. Les hommes en bonne santé étaient dans des camps de travail. Les plus âgés, les femmes, les enfants étaient rassemblés dans les camps d’extermination. Six millions de Juifs y ont péri.

 

Camps de prisonniers LRx.jpgLes soldats prisonniers.

 

En mai 1940, les soldats prisonniers ont été conduits travailler en Allemagne dans les fermes, les usines, etc. Ils étaient protégés par les accords de Genève. Ils pouvaient écrire à leur famille.

 

 

 

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Germaine Foriez raconte que son mari a été fait prisonnier le 12 mai. Il aura d’abord pour mission de ramasser les premières victimes de la guerre qui jonchaient le sol. Il s’occupera ensuite du Secours d’hiver à Bouge et en 1943, sera déporté dans une usine allemande qui fabriquait des blocs.

 

 

 

 

 

Mon arrière-grand-père a été déporté 26 mois en Allemagne pour travailler dans les usines allemandes.

 

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Anny Batardy raconte que son papa a été prisonnier de guerre : il avait le numéro 9856. Pendant 2 ans et demi, il a creusé des tranchées à longueur de journée. Souffrant d’être éloigné de sa famille, il a tenté de s’évader en descendant du 4ème étage en utilisant le fil du paratonnerre. N’ayant pas réussi, il a été envoyé dans un commando disciplinaire.

 

 

 Les résistants

 

Nous en avons logés à la maison. Un jour, ils ont soigné des alliés blessés dans les bois de Mettet et ils ont dû partir en vitesse car les Allemands arrivaient.

 

Beaucoup de résistants ont fait du bon travail : ils ont fait sauter des lignes de chemin de fer, des ponts pour retarder les transports effectués par l’armée allemande.Résistance LRx.JPG

On les appelait l’armée blanche mais il y avait aussi l’armée noire : ceux-là en profitaient pour voler et piller.

 

A Sart-Saint-Laurent, il y a  un homme de 30 ans qui a tendu un câble entre deux arbres. Les Allemands en moto se sont renversés. Il a tiré sur eux mais quand ils sont repartis il a été tué à la mitrailleuse.

 

 La vie quotidienne continue avec beaucoup de difficultés …

 

La préoccupation principale était de trouver à manger car comme le disait Jean Romain, on a besoin de 2700 calories par jour et avec les tickets de rationnement, nous n’en avions que 1350 !

On gobait des œufs dans les poulaillers. On mettait des pommes de terre séchées (comme des chips) dans de l’eau bouillante pour les cuire.

 

Boutique LRx.jpgJ’ai mangé du hérisson et de jeunes merles que papa allait chercher dans les nids en grimpant aux arbres.

 

On recevait de l’administration communale des timbres de ravitaillement qui nous permettait d’acheter du pain, du sucre,…

 

Si l’on voulait plus de nourriture, il fallait l’acheter au marché noir, c’est-à-dire en payant beaucoup plus cher.


Dans son livre « Au nom de la mémoire », Michel Dargent, ancien directeur des écoles communales, montre un tableau des prix au marché noir en 1944 :

 

Un pain d’1kg coûtait 34,82F au lieu de 2,90F

Un kg de beurre 10,45F au lieu de 2,77F

Un kg de savon 147,29F au lieu de 8,01F

Une tonne de charbon 3.897F au lieu de 670F

 

Je me souviens de ma voisine qui avait 5 enfants. Le papa travaillait dans la mine …Elle allait en vélo dans les fermes à Gedinne (Ardennes) et rapportait du beurre, du lard, tout ce qu’elle pouvait. Il lui fallait 1 jour pour aller, une nuit dans une ferme et 1 jour pour le retour.

 

Il y avait très peu de voitures. Pour tout le village, seuls les Besombe avaient une auto. On se déplaçait en train ou en autobus mais ceux-ci étaient souvent bondés. On allait à l’école à Fosses en vélo.

 

Ma maman montait sur les trains en marche dans les côtes pour faire tomber le charbon et le ramasser ensuite pour se chauffer. Le conducteur du train faisait siffler son train en arrivant à la gare de Fosses afin de nous avertir de son arrivée.

 

Il y avait aussi le couvre-feu c’est-à-dire que l’on ne pouvait plus circuler dans les rues après 20 ou 22h et jusque 6h du matin. Seuls les docteurs, vétérinaires, infirmières accoucheuses avaient un « laissez-passer ».

 

On devait occulter les fenêtres avec du papier noir pour que les avions alliés ne nous bombardent pas.

 

A l’école pendant l’occupation …

 

Pour que nous soyons forts, le maître nous donnait des figues séchées et de l’huile de foie de morue (qui étaient fournis par le « Secours d’hiver » dont les activités consistaient aussi à distribuer de la soupe et du lait chaud dans les écoles- cf Michel Dargent)

 

J’ai repris le chemin de l’école en 1941 avec des vieux professeurs dévoués qui donnaient cours.

 

Les soldats enterrés à Fosses

 

A la fin de la guerre, lorsque les Américains sont venus nous libérer, on a enterré leurs soldats morts ainsi que les soldats allemands dans des cimetières provisoires.  Ils ont été ensuite transférés dans des cimetières américains ou allemands.

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Le cimetière militaire de Fosses se trouvait en face de la ferme du Chêne. Les tombes étaient bien alignées. J’allais chaque jour à la ferme chercher un litre de lait avec ma maman. Nous côtoyions des quantités de camions militaires qui apportaient des corps de soldats qui se trouvaient dans des sortes de linceuls.

 

 

Note : Les corps des soldats américains ont été transférés à Neuville-en-Condroz, et à Henri-Chapelle.

 

La libération

Chars américain LRx.JPGLe 5 septembre 1944, nous écoutions la radio dans le secret et nous avons entendu que les Américains arrivaient. C’était la libération !!!

Nous avons confectionné des drapeaux anglais et américains avec des draps teints et découpés. Nous les avons mis aux fenêtres et nous sommes sortis dans les rues pour acclamer les Américains et faire la fête.

La Bataille des ArdennesBataille des Ardennes LRx.jpg

Les Allemands sont arrivés par la route de Bastogne. Les voisins et mes parents sont vite allés chercher les drapeaux américains car les Allemands étaient déguisés en américains. C’est au dernier moment que nous avons vite changer pour les drapeaux allemands.

Quand les Allemands ont quitté notre village, ils laissaient des cadavres le long des routes avec des mines explosives sur leurs montres ou leurs bagues. Celles-ci explosaient lorsque les gens dépouillaient les cadavres de leurs bijoux. 

On ne dormait plus à la maison car il y avait des canons autour et les allemands dedans. Nous dormions avec tout le village à l’étable de la ferme, près des vaches pour avoir bien chaud.

On revenait parfois à la maison et un jour j’ai vu un V1 qui passait dans le ciel (1ère bombe volante dirigée sur l’Angleterre)

La guerre s’est terminée le 8 mai 1945.

 

01:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

29/10/2010

Sortie des Amis 2010

Ce samedi 23 octobre 2010, c’est la 5ème sortie des amis : 40 passionnés de l’histoire de la grande guerre venus de toute la France. Après Loos en Gohelle, Ypres, Nieuport et Arras, cette année, nous évoquons la bataille de la Sambre.

 

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Guidé par Daniel Tilmant, nous nous retrouvons à Auvelais, au carrefour de Vitré le long de la Sambre pour évoquer le destin glorieux mais tragique de l’adjudant Comiti et du lieutenant Bruyère. Rolande nous livre la courte histoire de deux amis, Lucien Le Breton et Mathurin Belleguic, leur premier et dernier combat (LE BRETON Lucien & BELLEGUIC Mathurin_41è R.I.pdf).

 

 

Le monument Lemercier nous permet de rendre hommage au 10ème corps d’Armée. Luc  Charles nous rejoint, il prend soin de notre voix en apportant la sonorisation (merci à lui).

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 Hubert, un des jeunes Amis de la sortie 2010,

dépose une fleur au pied du monument Lemercier.

 

 

La troisième visite est pour la nécropole nationale d’Auvelais et son Phare Breton inauguré en 1934. Beaucoup d’entre nous sommes très touchés par ce cimetière breton, un hommage particulier est rendu au lieutenant-colonel Trousselle du 2ème zouaves, au colonel De Flotte du 48ème RI et au prêtre Degouey ordonné le 29 juin 1914 et tombé le 21 août 1914 à Falisolle.

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 Ici, c'est Cécile qui vient de fleurir la croix du Colonel De Flotte.

 

 

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Une petite halte au monument Lefeuvre et ensuite une cérémonie du souvenir au monument des fusillés à Tamines. La visite du cimetière fut particulièrement émouvante.

 

 

 

 

 

 

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Après le repas, sous une pluie, nous nous sommes rendus à la nécropole de la Belle-Motte. Depuis deux ans, Jean Marc Moltchanoff parraine la tombe de Michel Coursin, caporal au 45ème RI (http://lescahiersdhistoire.net/45eri/articles.php?lng=fr&pg=156)Sachant que cette année, nous irions à la Belle Motte, il s’est lancé à la recherche de la famille de Michel Coursin. Il fut récompensé, il a retrouvé la nièce de Michel. La fille de cette dernière, Marie-Jeanne Troussière accompagnée de son époux, s’est jointe à nous pour une cérémonie très émouvante en compagnie des porte-drapeaux. La grand-mère de Marie-Jeanne était la plus jeune d’une fratrie de huit enfants : Armand, l’ainé a fait la guerre, il est revenu au pays à Vieux-Viel (35) mais il est décédé des suites de la guerre. François, lieutenant au 70ème RI est mort pour la France le 9 mai 1915 à Roclincourt (62). Louis-Marie, sergent au 161ème RI est décédé le 16 octobre 1915 à Saint-Hilaire-le-Grand (51). Raphaël, caporal au 25ème RI est tombé le 22 août 1914 à Le Roux (http://www.lescahiersdhistoire.net/45eri/articles.php?lng=fr&pg=159), il repose lui aussi à la Belle Motte.

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Marie-Jeanne et son mari sont donc venus de Rennes pour saluer la mémoire de deux grands-oncles Michel et Raphaël Coursin. Daniel Tilmant, du Comité de Le Roux a rendu hommage à ses deux soldats de la Belle-Motte en remettant au nom de l’association la médaille du comité du Souvenir.

 

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Après le dépôt de gerbes par la jeunesse au pied de l'Ogive par Hubert au nom de la "Sortie des Amis 2010", par Pol et Martin, au nom du Souvenir, et les hymnes nationaux français et belge, nous avons quitté l’histoire du 10ème corps pour aller à Roselies : une petite pensée pour le curé de la paroisse de l’époque, l’abbé Pollard qui sera exécuté par l’ennemi, pour les gars du 74ème RI et du 129ème RI qui subirent les tirs des allemands cachés dans les maisons.

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Notre visite se termina à Châtelet devant le monument franco-belge.

 

Merci aux porte-drapeaux d’Aiseau-Presles et de Fosses-la-Ville, merci aux représentants du comité du Souvenir de Le Roux, merci à Daniel, à Micheline, à Luc, à Isabelle et à Pierre le porte-drapeau du Souvenir.

 

DSCN5085[1].JPGPhilippe et Rolande JOACHIM

 

La presse était présente et découvrez les reportages en cliquant sur le lien ci-dessous :

Presse L'Avenir_Fam. Coursin_25.10.2010.pdf 

L'Avenir_30.10.2010.pdf

28/10/2010

Projets de restauration et Opération Témoignages

Lara SAIDANE.jpgLe 22 août 2010, prenant la parole au nom de la jeunesse à l’occasion de la Commémoration de la Bataille de la Sambre,  Lara Saidane, jeune rhétoricienne, «  invitait les enfants à profiter de toutes les occasions (lectures, films, expositions) pour apprendre à mieux connaître ces combattants des deux guerres mondiales afin que les victimes vivent dans leur cœur. »

 

L’occasion s’est présentée de répondre à ce souhait lorsque le Comité a décidé d’introduire auprès de la Région Wallonne deux dossiers de restauration de monuments patriotiques. Le premier concerne le monument aux morts situé au centre du cimetière de Fosses et le second concerne le monument érigé en Monument Fosses.jpgl’honneur du Sous-lieutenant Cotelle à Le Roux.

 

Le Comité répondait ainsi à un appel à projets initié par le Ministre en charge du Patrimoine en vue de valoriser le patrimoine mémoriel relatif aux deux guerres mondiales.

 

Le Roux 010.JPGSous la houlette du Comité du Souvenir, Fernand Galais, délégué aux écoles du comité, a proposé aux directions et aux enseignants une « opération témoignages ».

 

 

Les élèves de toutes les écoles de l’entité ont relevé le défi. Ils  se sont  transformés en journalistes et ont recueilli des souvenirs dans leur famille. Un tout grand merci à tous ceux qui ont participé à cette opération : élèves, enseignants, parents, grands-parents, arrière-grands-parents,……

 

Monument Cotelle.jpgLes élèves ont pu également questionner des « témoins » qui avaient accepté de venir dialoguer avec eux dans les classes. Merci à Mesdames Germaine Foriez et Anny Batardy, à Messieurs Arthur Berger, Robert Dewez, Adelin Goffart, Marius Grégoire, Joseph Jacquemart et Jean Romain.

 

Photos des témoins

Les témoignages des élèves sont mis en valeur dans les écoles où ils font l’objet d’activités diverses : partage entre les élèves ou avec d’autres classes, recherche de documentation, synthèses dans le cours d’histoire, etc…

 

A l’occasion des cérémonies de commémoration des deux guerres mondiales, le 11 novembre, à Le Roux, quelques témoignages seront présentés par des élèves des différents groupes scolaires au début de la messe à 10h30.

 

Vous trouverez ci-joint  un document reprenant l’essentiel des témoignages récoltés dans les classes de 6e primaire de l’Ecole Saint-Feuillen de Fosses-la-Ville. D’autres suivront !

 

 

Journal du Souvenir n° 01    

Octobre 2010                                                  Pour lire la suite cliquez sur l'onglet ci-dessous :

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14:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)