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02/01/2011

Vies tranchées

Grâce à des dossiers médicaux d'époque, aujourd'hui interdits d'accès par l'armée, l'album Vies tranchées expose une quinzaine de cas emblématiques de soldats internés durant la Première Guerre mondiale. Aliénés au sens de la Loi de 1838, inoffensifs, fous dangereux, etc. L'histoire de ces soldats suscite de nombreuses questions éthiques, historiques ou médicales, et mérite d'être ramenée au grand jour.

Vies tranchées.jpg

 

Résumé

 

Emile P. a 37 ans. Ce 3 septembre 1917, il est dans la Somme, dans le secteur de Longueval. Il est redevenu soldat. Pour combattre les allemands. Pourtant, la guerre, il connait ça. Au début du siècle, il était à Pékin et a combattu les boxers en faisant partie du corps expéditionnaires international. Il y a combattu d'ailleurs avec les allemands, ceux contre qui il doit se battre aujourd'hui. 


Planche 02.jpgCe jour là, Emile P. et ses compagnons vont être pris dans un déluge d'obus. Il s'en sort vivant mais le choc lui fait perdre un peu la raison. Emile P. va être évacué vers un endroit plus approprié pour être soigné...

 

Avis de Sceneario.com

 

Vies tranchées est une œuvre forte, passionnante et intéressante. C'est une œuvre poignante, émouvante qui nous conte d'une autre façon la Grande Guerre, l'horreur des tranchées, l'horreur de la guerre et comment elle a détruit beaucoup de personnes. 

Jean-David Morvan, qui s'est déjà intéressé à la Grande Guerre avec Le Cœur des batailles,  aidé de Yann Le  Gal et de Hubert Bieser, qui a commencé une carrière d'infirmier à l'hôpital psychiatrique en 1964, puis a su faire évoluer sa carrière et a obtenu un Certificat d'histoire des pratiques soignantes, sociales et éducatives en santé mentale, vont nous conter l'histoire de ce Emile P. , mais aussi de 14 autres pauvres hères que la guerre aura rendu fou. Le lecteur notera que la folie, la maladie est différente pour chacun d'eux. Mais que, malheureusement, l'incompétence des militaires, de certains médecins ont fait plus de mal que de bien.Planche 6.jpg

Morvan a su donner une ligne de lecture à ce récit. Ceux qui pensent qu'ils allaient lire plusieurs histoires courtes sans lien entre elles se trompent. Les auteurs placent intelligemment les histoires des autres personnes au sein du récit d'Emile P. Par contre, ces récits sont dessinés par divers dessinateurs dont Munuera entre autres.


Planche5.jpgLa lecture de cette œuvre m'a beaucoup marqué, m'a même parfois horrifié quand je vois ce que sont devenus certains protagonistes : je repense à ce patient qui s'est émasculer dans un hôpital dans une scène très dure, très difficile à soutenir. Certains récits sont empreints de tristesse, le lecteur prend pitié de ces pauvres hères que la guerre a transformés. 

 

Les dessins sont de styles différents, chacun y amène sa propre personnalité, sa propre vision de la guerre, de ses horreurs et de ses conséquences. Certains vont vous marquer, d'autres moins. Mais au bout du compte, les dessinateurs et les auteurs ne vous feront pas oublier ces 15 protagonistes qui seront peut être rentrés intact du front mais qui auront perdu une partie d'eux mêmes : la santé mentale.Planche 7.jpg

 

Vies tranchées est une œuvre forte à lire, à ne pas manquer qui mérite sa place dans les bibliothèques de nos écoles pour ne pas oublier les "horreurs", les dégâts causés lors de la Grande Guerre et par la guerre en elle-même.

 

Planche 03.jpgLa presse relate la sortie de ce nouveau BD dans le supplément de l’Avenir du vendredi 31 décembre 2010, Télé-deuzio, le magazine de loisirs et culture, page 14 : Les destins oubliés de 14.pdf

08:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Les cicatrices rouges 14-18

Les cicatrices rouges 14-18.jpg« Les Cicatrices rouges 14-18 »

 

Coup d’œil sur l’auteur

Professeure à l’université de Paris-Ouest-Nanterre et membre senior de l’Institut universitaire de France, Annette Becker est spécialiste des deux guerres mondiales et travaille au sein de l’Historial de la Grande Guerre et du Mémorial de la Shoah. Après un 14-18. Retrouver la guerre (avec Stéphane Audoin-Rouzeau, Gallimard), qui fait autorité, son dernier ouvrage s’intitule Apollinaire, une biographie de guerre, 1914-1918 (Tallandier, 2009).

 

Regard vers le livre

Du Pas-de-Calais à la Moselle, dans les campagnes de la Somme et de Belgique comme dans les usines des Ardennes, du Nord ou de Wallonie, des millions de gens ont vécu à l’heure allemande entre 1914 et 1918. Mais de cette « outre-guerre » derrière les tranchées, on ne parle pas plus qu’on ne s’en souvient.

 

C’est à ces invasions, à ces occupations et à leur cortège d’exactions, de déportations, de privations qu’Annette Becker consacre ce livre. Grâce aux multiples journaux intimes écrits pendant les faits et utilisés ici pour la première fois, aux dessins comme aux archives, elle rend perceptible ce que fut le quotidien d’une guerre totale.

 

u Annette Becker, « Les Cicatrices rouges », Fayard, 377 p., € 24,50

 

La presse en parle dans ses colonnes : L'Avenir J_2010.12.16_Les Cicatrices Rouges.pdf

08:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Un rien de fil à retordre

Un rien de fil à Retordre.jpgLe nouveau livre de Colette Cambier est en librairies depuis ce 28 octobre 2010.

 

« Un rien de fil à retordre »

nous replonge sur les traces du grand-père de l’auteur, le long de l’Yser et à Reanix.

 

Coup d’œil sur l’auteur

Colette Cambier est née à Gand en 1951 et a passé son enfance dans la région de Renaix. Psychothérapeute, elle vit aujourd’hui dans le Hainaut. Résultat d’une longue recherche, Un rien de fil à retordre est son second roman, qui est à la fois une saga familiale éminemment romanesque et un passionnant document historique. Son premier livre, Le jeudi à Ostende (Le Castor Astral, 2007), a reçu les honneurs de la presse régionale et nationale ; il a obtenu le prix Auguste Michot, décerné par l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 2009.

 

Regard vers le livre

1914. Renaix, petite ville de province prospère sur laquelle règnent les barons du textile. Parmi eux, la famille de Paul avec ses remous, ses silences et ses secrets. Délaissant le tissage, notre héros part la fleur au fusil sur le front de l’Yser, en compagnie de tous ces jeunes hommes que la guerre va précipiter dans l’âge adulte en les privant d’avenir. Un bien étrange compagnon lui est assigné : Zémyr, ange gardien nettement plus curieux que courageux, veillera sur lui pendant ces quatre années d’enfer.

Entre récit historique et fiction, Colette Cambier tisse avec brio les fils d’une série de destins. Âpre et tendre à la fois, dense, remarquablement documenté, Un rien de fil à retordre est un roman ambitieux, une fresque évoquant ces monumentales tapisseries d’antan qui ne cessent de nous fasciner.

 

u Colette Cambier, « Un rie de fil à retordre », Le Castor astral/L’Escale des Lettres, 266 p., € 20,00.

08:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

13/12/2010

Opérations-témoignages (04)

Journal du Souvenir (04)

 

Décembre 2010

 

Collège Saint-André : cours de Mme Bouhon (1e Cg)

 

Sarah Stoffel :

 

La rafle du « Vel’D’hiv »étoile juive.jpg

N’ayant plus personne dans ma famille pour me raconter et témoigner de la guerre 1940-45, nous avons regardé le film « La rafle » de Roselyne Bosch. Ce film m’a vraiment secouée et rendue triste de voir à quel point les juifs étaient coupables d’être nés pour Adolf Hitler et ses bourreaux.

 

Les rafles en France

Une rafle est une opération policière d’arrestation de masse. En France, les Juifs ne sont pas regroupés dans des ghettos, on a recours aux rafles pour les arrêter et les déporter.

Les allemands n’avaient pas les effectifs nécessaires pour procéder à des rafles massives. Ils devaient s’en remettre à la collaboration de la police et de la gendarmerie française pour arrêter les Juifs.

 

La rafle du « vel’ d’hiv » en juillet 1942, fut la première rafle où des femmes et des enfants furent arrêtés. La rafle, d’abord prévue aux 13 et 14 juillet est reportée aux 16 et 17 pour éviter qu’elle ne coïncide avec le jour de la fête nationale française.

vélodrome d'hiver.jpg juifs au vel d'hiv.jpg

Vélodrome d’hiver :                                     Juifs dans le vélodrome lors de la « rafle »

compétition de cyclisme (1936)                                       en 1942

         

Les 16 et 17 juillet 1942, 8160 juifs sont arrêtés par la police française et rassemblés au vel d’hiv. Parmi eux, 1129 hommes, 2916 femmes et 4 115 enfants.

Les conditions y sont abominables : pas de lits, pas de nourriture, un seul point d’eau et aucune hygiène.

Ils seront emmenés au camp de Drancy ou de Pithiviers, dans le Loiret (France) et seront tous déportés vers le camp de concentration d’Auswichtz-Birkenau d’où la plupart ne reviendront pas.

Sur 75 000 juifs déportés de France à peine 2500 en sont revenus. En Belgique, sur 25 000 juifs déportés, 2000 seulement survivront.

juifs à la gare.jpg
A la gare d’Orléans-Austerlitz à Paris,
les juifs montent dans les trains dirigés sur les camps du Loiret.

 

 

film la rafle.jpgDans le film, les acteurs de ces juifs montrent très bien l’incompréhension, la peur d’être séparés et l’espoir que cela ne durera pas longtemps. Ils ne peuvent pas imaginer un instant qu’ils vont être traités pire que du bétail et qu’ils seront conduits à la mort.

Beaucoup d’entre eux passeront des petits mots écrits à la « va-vite » pour rassurer leur entourage ; ces billets d’espoir seront passés en cachette grâce aux infirmières et aux pompiers qui ont encore accès avec le monde extérieur.

 

 

En voici quelques exemples :lettre rafle.jpg

"Cher papa

On nous emmène au vélodrome d'hiver mais faut pas nous écrire maintenant parce que c'est pas sûr qu'on restera là. Je t'embrasse bien fort et maman aussi ta petite fille qui pense toujours à toi.
Marie"

 

 

 

 

 

Ainsi de Paulette Stokfisz-Bronstein dans une lettre à sa sœur Nana Dachy, rédigée dès son arrestation. "Je te fais écrire ces mots, la police est venue nous arrêter avec tous les juifs de la maison, on nous a enlevés moi et mes deux enfants, je t'écris pour te dire que nous allons être transportés au vélodrome d'hiver. Je te demande d'aller chez moi au nº 1, passage du Jeu-de-Boules dans le 11e arrondissement, de te faire donner les clés par la concierge, et tu n'as qu'à emmener tout ce qu'il y a. Prends toutes mes affaires, tout ce que tu trouveras (...) Apporte-moi quelques boîtes de conserve et apporte-moi deux jupes de rechange."

 

17 août 1942, son fils Jacques Bronstein, 16 ans, est interné au camp de Pithiviers (Loiret). "Chers tante et oncle, je vous écris ces quelques lignes pour vous donner de mes nouvelles, qui sont bien tristes. Maman a été déportée il y a dix jours vers une destination inconnue. Raymonde était à l'hôpital de Pithiviers avec une angine diphtérique. (...) Elle vient d'en sortir vendredi soir, malheureusement pour elle et pour moi, car il y a eu encore un départ samedi et Raymonde en était. (...) Je crois qu'elle est partie pour Drancy. Si vous pouvez faire quelque chose pour elle, faites-le, je vous en prie. (...) Il doit y avoir un départ samedi prochain, j'en serai sûrement. (...)"

 

Mais Paulette Stokfisz-Bronstein ne reviendra pas. Le 7 août 1942, elle est déportée à Auschwitz par le convoi n° 16, suivie le 2 septembre par ses enfants….

 

Pour que cela n’arrive plus jamais, pour que nous n’ayons jamais à vivre cela, n’éteignons pas leurs souvenirs.

 

Jennifer Goffaux, Alexandra Constant, Alexandra Dave :

 

Les Allemands ont attaqué la Belgique le 10 mai 1940. Dans notre pays, la guerre n’a duré que 18 jours. Mr RobertGetAttachment.jpg Dewez, notre témoin, avait 17 ans à l’époque. Après l’exode, il continue ses études à l’école coloniale d’Anvers.

 

Plus tard, il devient résistant et participe à des transferts d’armes et de matériel vers des endroits sûrs.

 

Il se souvient d’avoir transporté six mitraillettes « sten » qui se trouvaient sous son siège lorsqu’il a vu un camion allemand s’arrêter devant lui : après un moment de frayeur, il a vu les soldats  entrer dans l’auberge de Bouvignes pour se désaltérer…. Les armes étaient entreposées dans le hangar d’une ferme à Falaën. Il raconte  des actions de sabotage dans ce village où l’on fait  sauter des ponts et des rails de chemins de fer. Il participe aussi à la livraison de salopettes de résistants ou de cartes de ravitaillement.

  

robert dewez au collège.jpgLe 6 juin 44, les Américains débarquent en Normandie et libèrent la France et la Belgique. Mr Dewez va devenir volontaire de guerre et il sera versé dans le 6ème bataillon de fusiliers dont la mission consistera à protéger les aviateurs américains de la 1ère Armée. Il aime raconter qu’un pilote, le sergent Wills, lui a proposé de l’accompagner en mission. En passant à Sart-Saint-Laurent, il a déposé son ami Robert en atterrissant dans une prairie et l’a repris au retour. On devine aisément la surprise et le bonheur de ses parents et des amis qui se sont rassemblés pour fêter l’événement.

 

bataille des ardennes.jpgEn décembre 44, c’est l’offensive Von Rundstedt: les Allemands ont un dernier sursaut et lancent leurs chars dans la Bataille des Ardennes.

 

Mr Dewez raconte  qu’à Malmédy, les Allemands qui admettaient difficilement leur défaite ont rassemblé dans une clairière 82 soldats américains pour les fusiller par surprise.

 

Les Allemands seront repoussés jusqu’à Leipzig où les Russes et les Américains fêteront la victoire au champagne.

 

Il se souvient  avec émotion de la libération des camps de prisonniers.libération des camps 2.jpg Lorsqu’il y pénétrera  avec les Américains, il sera bouleversé par l’attitude des prisonniers qui tombaient dans les bras de leurs libérateurs et le bonheur pour les prisonniers belges d’entendre parler français et de retrouver des compatriotes parmi les soldats qui venaient les délivrer.

 

Madoline Dauvin : Etant née en 1997, je n’ai pas eu la chance de connaître mon grand-père décédé en 1995. Lui-même étant né en 1942, je dois remonter plus loin. Le 10 mai 1940, le capitaine Georges Houbion est à Arlon, à la garde du commandement de la province. Le 18 mai, il est à Ypres où on le charge de diriger le train du C.R.A.B. (Centre de Recrutement de l’Armée Belge).

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01/12/2010

Opérations- témoignage (03)

Journal du Souvenir (03)

Décembre 2010

De la classe de 5e de l’école Saint-Feuillen  -  Titulaire : Mr Laurent            

Mercedes : La 2ème guerre mondiale est une guerre pleine d’intrigues qui s’est déroulée pendant plus de 3 ans dans les cabinets des hommes d’Etat, dans les salles de torture, dans les prisons et au sein des services   d’espionnage.  

Anne Franck.jpg

Le témoignage le plus connu est celui d’Anne Frank. Traquée par la Gestapo, Anne Frank et sa famille pénètrent dans le grenier d’une maison d’Amsterdam. Là, les Frank partagent leur cachette avec une autre famille. Anne Frank suit la tragédie que chacun vit et décrit la vie de ceux qui l’entourent.

J-B : Ma grand-mère avait entre 7 et 8 ans pendant la guerre. Elle vivait à Bruxelles. Elle se souvient des officiers allemands en uniformes verts. Dans les trams, un wagonOfficier allemand.jpg était réservé aux Allemands, même pour un seul voyageur.

Des sirènes prévenaient du passage d’un avion : à l’école, il fallait descendre à la cave et les cours continuaient sur les bancs qu’on y avait installés.

On lui répétait de ne rien ramasser par terre, ça pouvait être une mine, un engin explosif,…

 

MARMIT~1.JPGSa grand-mère faisait du gâteau genre cake à la farine de pomme de terre. Elle avait fait une « casserole norvégienne » dans une caisse avec des couvertures qui lui servaient de four ; le gâteau montait au milieu.

 

 

Daemian : Au début de la seconde guerre mondiale, un plan d’évacuation a été mis en place pour laisser champ libre au mouvement des troupes.

On pouvait obtenir des tickets de rationnement à la maison communale. Il y avait des prioritaires : les femmes enceintes en premier, les invalides en dernier !

FUSILL~1.JPG

 

Les résistants sabotaient les points stratégiques comme les ponts, les pylônes électriques. Parfois, les Allemands organisaient des représailles lorsque des soldats allemands avaient été blessés ou étaient morts à cause des actions des résistants. Ils prenaient des otages et les fusillaient…

Des membres des familles des fusillés dénonçaient parfois les résistants ou leurs indicateurs, leurs sympathisants !

Chloé : Mon papy Louis est né le 12 mai 1939, avant la guerre. Le seul souvenir qu’il a de la guerre c’est quand les Allemands ont mis le feu à la tour du château d’eau de Bambois.

V1%20et%20V2.jpgMa mamy Marcelle est née en 1935. Elle avait 5 ans quand la guerre a commencé. Les Allemands ont fait exploser le pont de Farciennes et le plafond de ma maison a bougé ! Un V1 est tombé au Wainage.

Mon papy Jean avait 2 ans pendant la guerre. Il se souvient que l’on a fusillé des personnes du village de Farciennes.

 

Laura : C’est notre instituteur qui nous a dit que la guerre commençait. Nous avions 5 et 13 ans. On habitait dans les Ardennes et on entendait fort les Allemands.

Mon papa était militaire et il est entré dans la résistance. On est resté sur place.paras%20sautant.jpg

 

J’ai vu des parachutistes qui sautaient des avions. On a aussi assisté au passage de V1 et V2. Certains tombaient et faisaient beaucoup de dégâts.

 

BOMBAR~1.JPGDélia : Mon arrière-grand-mère Thérèse avait 13 ans au début de la guerre. Elle raconte : J’habitais à 500m de la gare. Mon papa avait été soldat pendant la guerre 1914-18 : il en avait gardé des séquelles mentales. Il était souvent violent et faisait des crises de colère. Il haïssait les Allemands. Il les insultait de « sales boches ». Lorsqu’ils passaient, nous enfermions papa dans la cave.

Chaque jour, nous vivions dans la peur ! Nous craignions les violences de la part des Allemands, des SS surtout. Nous avions peur des arrestations, peur de voir la maison incendiée ou de mourir de faim !

Durant les deux dernières années de la guerre, nous craignions que les avions américains survolant notre village ne lâchent maladroitement leurs bombes sur notre maison.

J’ai donc eu peur, faim et froid pendant 5 années. J’ai eu la chance de survivre à tous ces drames. Mais je n’ai jamais oublié mon adolescence ratée et toutes ces années difficiles.

Théo : Sur le site internet de Wikipédia, sous le titre « Seconde guerre mondiale », on trouve une mine de renseignements sur ce conflit, sur ses différents acteurs et sur l’évolution de la guerre. 

laissez-passer%20en%2040.jpgJean Romain raconte :

Lorsque j’ai atteint mes 17 ans, j’ai été amené à aider la résistance.

Le vicaire de Fosses m’avait appelé pour me demander d’aller chez le curé de Mettet en vélo pour recevoir un colis.  Le curé me fait entrer chez lui et me demande de me retourner pendant qu’il va à son bureau ; comme j’étais curieux, j’ai regardé en coin et je l’ai vu soulever le fond d’un tiroir et en sortir une grande enveloppe qu’il me remet en me recommandant de la cacher. Je la mets dans la sacoche de mon vélo. En revenant vers Fosses, je suis arrêté par des Allemands qui me demandent où je vais. Je trouve une réponse et j’ai la chance qu’ils ne m’inquiètent pas et ne me fouillent pas…

Heureusement pour moi car j’ai appris en remettant l’enveloppe au vicaire de Fosses qu’elle contenait des laissez-passer qui devaient faciliter la circulation de résistants, de pilotes anglais ou de juifs.

Sevdenur : A la fin de la guerre, les Allemands tentèrent une nouvelle fois d’attaquer les Alliés et ce fut la « Bataille des Ardennes » à laquelle participa notamment lela-bataille-des-ardennes-1965-3802-1416784279.jpg 5ème Bataillon Fusiliers.

 

Ce Bataillon prit part à la Bataille des Ardennes. Certains membres du 5ème furent la cause de l'arrêt  des chars allemands (faute de carburant) commandés par le Colonel SS Peiper: afin que les Allemands ne puissent les utiliser, ils mirent tout simplement le  feu aux "jerrycans" de carburants qu'ils avaient ordre de garder, peu avant l'approche des chars nazis! (Un tas de jerrycans d'essence =     3 mètres de large x 20 mètres de long)(photo)

 

 

Michel Dargent raconte la libération :

Nous étions le 4 septembre 1944. Les Américains débarquaient à Le Roux. Des avions bimoteurs  atterrissaient pas loin de la chapelle Saint-Roch, et les enfants découvraient pour la première fois le chewing-gum et le chocolat (l’industrie chocolatière belge s’était arrêtée pendant cinq ans).

Le soir, une cantine s’installait à l’orée du bois menant vers Devant-les Bois. De nombreuses personnes venant de toute la région accoururent pour fêter, comme il se doit, ceux qui nous faisaient retrouver une liberté perdue depuis 4 ans.

22:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2010

Opérations-Témoignage (02)

Journal du Souvenir n° 02

Novembre 2010

de l’école communale de Le Roux.  Titulaire : Me Corinne (5e et 6e)

Journalistes : Eva, Louis, Larissa, Florian, Thomas, Nathan, Alice et Océane.

Le Roux 022.JPG

 

Comment as-tu vécu cette guerre, papy, mamy, … ?

A la guerre 14-18 on a connu les batailles de la Belle-Motte, du Lotria à Auvelais, à Arsimont et tout le long de la Sambre. C’était une guerre très meurtrière, avec plus de 4000 morts. En 1940-45, les Allemands étaient beaucoup plus forts que nous en nombre, en matériel militaire, en armes de combats, en chars,…..

Nous avons entendu des avions et nous avons vu des soldats allemands armés de fusils qui avançaient dans les villes et les villages, en jeep, en motos, en autos, en camions. La population a été prise de panique. Beaucoup sont partis vers la France, abandonnant ce qu’ils possédaient.

 

Evacuation LRx.JPG

 

 

Dès la déclaration de guerre, mon papa a été rappelé sous les drapeaux et ma maman est partie en évacuation pour rejoindre sa famille française dans le centre de la France. Je l’accompagnais avec ma petite sœur qui avait 6 semaines.

 

Dès le 14 mai, mes grands-parents ont évacué en France, vers Amiens. Ils sont partis en vélos et avec deux chariots. Le fermier avait préparé 100 kilos de beurre !

 

 

J’avais presque 15 ans quand l’armée allemande a envahi notre pays. Mes trois frères ont été rappelés pour la guerre et les jeunes étaient recrutés pour travailler en Allemagne. J’ai donc abandonné mes études pour aider mes parents à la ferme.

 

…pendant l’occupation allemande ?

 

Des troupes allemandes passaient la nuit dans les fermes. Chez nous, on était obligé d’accepter les officiers qui dormaient dans les lits et on devait leur fournir eau, savon, essuies pour le lendemain matin.

 

Dès que les civils entendaient la sirène qui annonçait les avions alliés venant bombarder les troupes allemandes, ils se réfugiaient dans les caves ou les abris.

 

Les Allemands réquisitionnaient le bétail pour la viande et les denrées alimentaires. Des bons par ménage étaient distribués dans les communes.

 Timbres LRX.jpg

Avec les timbres de ravitaillement, on avait droit à 1 kg de sucre par mois et de la farine mais de mauvaise qualité. Nous achetions du grain que nous allions faire moudre au moulin. Le mélange des deux farines donnait un pain plus ou moins correct. A la maison, nous avions des chèvres et donc du lait.

 

Mes parents possédaient une ferme ; on avait donc de quoi manger.

 

Mon papa courait derrière les camions pour ramener les pains que le camion perdait.

Ma maman faisait des galettes et les Allemands les prenaient au fur et à mesure qu’elles sortaient du four.

 

Quelle était l’attitude des Allemands ?

 

Les Allemands n’étaient pas méchants avec nous. Si on ne les provoquait pas, les soldats ne faisaient pas de mal aux civils.

 

Un Allemand avait pris ma petite sœur de 3 ans sur ses genoux pour la faire sauter et il pleurait car ça lui rappelait sa famille.

 

A certains endroits, ils ont commis des atrocités et ont même fusillé des familles entières. Ceux qu’on craignait le plus, c’était les SS et les Belges qui se sont engagés dans leurs troupes.

 

Après la libération, des résistants se sont vengés de ces « collaborateurs » parfois même en les tuant. Ils ont aussi puni les femmes qui avaient aimé des allemands en tondant complètement leurs cheveux.

 Camps de Juifs LRx.jpg

Ce sont les SS qui ont arrêté les Juifs pour les conduire en Allemagne à partir de 1942. Ils ont été déportés dans des longs trains de marchandises. Les hommes en bonne santé étaient dans des camps de travail. Les plus âgés, les femmes, les enfants étaient rassemblés dans les camps d’extermination. Six millions de Juifs y ont péri.

 

Camps de prisonniers LRx.jpgLes soldats prisonniers.

 

En mai 1940, les soldats prisonniers ont été conduits travailler en Allemagne dans les fermes, les usines, etc. Ils étaient protégés par les accords de Genève. Ils pouvaient écrire à leur famille.

 

 

 

Le Roux 005.JPG 

 

 

 

 

 

Germaine Foriez raconte que son mari a été fait prisonnier le 12 mai. Il aura d’abord pour mission de ramasser les premières victimes de la guerre qui jonchaient le sol. Il s’occupera ensuite du Secours d’hiver à Bouge et en 1943, sera déporté dans une usine allemande qui fabriquait des blocs.

 

 

 

 

 

Mon arrière-grand-père a été déporté 26 mois en Allemagne pour travailler dans les usines allemandes.

 

 Le Roux 007.JPG

 

 

 

 

 

 

Anny Batardy raconte que son papa a été prisonnier de guerre : il avait le numéro 9856. Pendant 2 ans et demi, il a creusé des tranchées à longueur de journée. Souffrant d’être éloigné de sa famille, il a tenté de s’évader en descendant du 4ème étage en utilisant le fil du paratonnerre. N’ayant pas réussi, il a été envoyé dans un commando disciplinaire.

 

 

 Les résistants

 

Nous en avons logés à la maison. Un jour, ils ont soigné des alliés blessés dans les bois de Mettet et ils ont dû partir en vitesse car les Allemands arrivaient.

 

Beaucoup de résistants ont fait du bon travail : ils ont fait sauter des lignes de chemin de fer, des ponts pour retarder les transports effectués par l’armée allemande.Résistance LRx.JPG

On les appelait l’armée blanche mais il y avait aussi l’armée noire : ceux-là en profitaient pour voler et piller.

 

A Sart-Saint-Laurent, il y a  un homme de 30 ans qui a tendu un câble entre deux arbres. Les Allemands en moto se sont renversés. Il a tiré sur eux mais quand ils sont repartis il a été tué à la mitrailleuse.

 

 La vie quotidienne continue avec beaucoup de difficultés …

 

La préoccupation principale était de trouver à manger car comme le disait Jean Romain, on a besoin de 2700 calories par jour et avec les tickets de rationnement, nous n’en avions que 1350 !

On gobait des œufs dans les poulaillers. On mettait des pommes de terre séchées (comme des chips) dans de l’eau bouillante pour les cuire.

 

Boutique LRx.jpgJ’ai mangé du hérisson et de jeunes merles que papa allait chercher dans les nids en grimpant aux arbres.

 

On recevait de l’administration communale des timbres de ravitaillement qui nous permettait d’acheter du pain, du sucre,…

 

Si l’on voulait plus de nourriture, il fallait l’acheter au marché noir, c’est-à-dire en payant beaucoup plus cher.


Dans son livre « Au nom de la mémoire », Michel Dargent, ancien directeur des écoles communales, montre un tableau des prix au marché noir en 1944 :

 

Un pain d’1kg coûtait 34,82F au lieu de 2,90F

Un kg de beurre 10,45F au lieu de 2,77F

Un kg de savon 147,29F au lieu de 8,01F

Une tonne de charbon 3.897F au lieu de 670F

 

Je me souviens de ma voisine qui avait 5 enfants. Le papa travaillait dans la mine …Elle allait en vélo dans les fermes à Gedinne (Ardennes) et rapportait du beurre, du lard, tout ce qu’elle pouvait. Il lui fallait 1 jour pour aller, une nuit dans une ferme et 1 jour pour le retour.

 

Il y avait très peu de voitures. Pour tout le village, seuls les Besombe avaient une auto. On se déplaçait en train ou en autobus mais ceux-ci étaient souvent bondés. On allait à l’école à Fosses en vélo.

 

Ma maman montait sur les trains en marche dans les côtes pour faire tomber le charbon et le ramasser ensuite pour se chauffer. Le conducteur du train faisait siffler son train en arrivant à la gare de Fosses afin de nous avertir de son arrivée.

 

Il y avait aussi le couvre-feu c’est-à-dire que l’on ne pouvait plus circuler dans les rues après 20 ou 22h et jusque 6h du matin. Seuls les docteurs, vétérinaires, infirmières accoucheuses avaient un « laissez-passer ».

 

On devait occulter les fenêtres avec du papier noir pour que les avions alliés ne nous bombardent pas.

 

A l’école pendant l’occupation …

 

Pour que nous soyons forts, le maître nous donnait des figues séchées et de l’huile de foie de morue (qui étaient fournis par le « Secours d’hiver » dont les activités consistaient aussi à distribuer de la soupe et du lait chaud dans les écoles- cf Michel Dargent)

 

J’ai repris le chemin de l’école en 1941 avec des vieux professeurs dévoués qui donnaient cours.

 

Les soldats enterrés à Fosses

 

A la fin de la guerre, lorsque les Américains sont venus nous libérer, on a enterré leurs soldats morts ainsi que les soldats allemands dans des cimetières provisoires.  Ils ont été ensuite transférés dans des cimetières américains ou allemands.

 Cim. américain Fosses.JPG

Le cimetière militaire de Fosses se trouvait en face de la ferme du Chêne. Les tombes étaient bien alignées. J’allais chaque jour à la ferme chercher un litre de lait avec ma maman. Nous côtoyions des quantités de camions militaires qui apportaient des corps de soldats qui se trouvaient dans des sortes de linceuls.

 

 

Note : Les corps des soldats américains ont été transférés à Neuville-en-Condroz, et à Henri-Chapelle.

 

La libération

Chars américain LRx.JPGLe 5 septembre 1944, nous écoutions la radio dans le secret et nous avons entendu que les Américains arrivaient. C’était la libération !!!

Nous avons confectionné des drapeaux anglais et américains avec des draps teints et découpés. Nous les avons mis aux fenêtres et nous sommes sortis dans les rues pour acclamer les Américains et faire la fête.

La Bataille des ArdennesBataille des Ardennes LRx.jpg

Les Allemands sont arrivés par la route de Bastogne. Les voisins et mes parents sont vite allés chercher les drapeaux américains car les Allemands étaient déguisés en américains. C’est au dernier moment que nous avons vite changer pour les drapeaux allemands.

Quand les Allemands ont quitté notre village, ils laissaient des cadavres le long des routes avec des mines explosives sur leurs montres ou leurs bagues. Celles-ci explosaient lorsque les gens dépouillaient les cadavres de leurs bijoux. 

On ne dormait plus à la maison car il y avait des canons autour et les allemands dedans. Nous dormions avec tout le village à l’étable de la ferme, près des vaches pour avoir bien chaud.

On revenait parfois à la maison et un jour j’ai vu un V1 qui passait dans le ciel (1ère bombe volante dirigée sur l’Angleterre)

La guerre s’est terminée le 8 mai 1945.

 

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