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13/12/2010

Opérations-témoignages (04)

Journal du Souvenir (04)

 

Décembre 2010

 

Collège Saint-André : cours de Mme Bouhon (1e Cg)

 

Sarah Stoffel :

 

La rafle du « Vel’D’hiv »étoile juive.jpg

N’ayant plus personne dans ma famille pour me raconter et témoigner de la guerre 1940-45, nous avons regardé le film « La rafle » de Roselyne Bosch. Ce film m’a vraiment secouée et rendue triste de voir à quel point les juifs étaient coupables d’être nés pour Adolf Hitler et ses bourreaux.

 

Les rafles en France

Une rafle est une opération policière d’arrestation de masse. En France, les Juifs ne sont pas regroupés dans des ghettos, on a recours aux rafles pour les arrêter et les déporter.

Les allemands n’avaient pas les effectifs nécessaires pour procéder à des rafles massives. Ils devaient s’en remettre à la collaboration de la police et de la gendarmerie française pour arrêter les Juifs.

 

La rafle du « vel’ d’hiv » en juillet 1942, fut la première rafle où des femmes et des enfants furent arrêtés. La rafle, d’abord prévue aux 13 et 14 juillet est reportée aux 16 et 17 pour éviter qu’elle ne coïncide avec le jour de la fête nationale française.

vélodrome d'hiver.jpg juifs au vel d'hiv.jpg

Vélodrome d’hiver :                                     Juifs dans le vélodrome lors de la « rafle »

compétition de cyclisme (1936)                                       en 1942

         

Les 16 et 17 juillet 1942, 8160 juifs sont arrêtés par la police française et rassemblés au vel d’hiv. Parmi eux, 1129 hommes, 2916 femmes et 4 115 enfants.

Les conditions y sont abominables : pas de lits, pas de nourriture, un seul point d’eau et aucune hygiène.

Ils seront emmenés au camp de Drancy ou de Pithiviers, dans le Loiret (France) et seront tous déportés vers le camp de concentration d’Auswichtz-Birkenau d’où la plupart ne reviendront pas.

Sur 75 000 juifs déportés de France à peine 2500 en sont revenus. En Belgique, sur 25 000 juifs déportés, 2000 seulement survivront.

juifs à la gare.jpg
A la gare d’Orléans-Austerlitz à Paris,
les juifs montent dans les trains dirigés sur les camps du Loiret.

 

 

film la rafle.jpgDans le film, les acteurs de ces juifs montrent très bien l’incompréhension, la peur d’être séparés et l’espoir que cela ne durera pas longtemps. Ils ne peuvent pas imaginer un instant qu’ils vont être traités pire que du bétail et qu’ils seront conduits à la mort.

Beaucoup d’entre eux passeront des petits mots écrits à la « va-vite » pour rassurer leur entourage ; ces billets d’espoir seront passés en cachette grâce aux infirmières et aux pompiers qui ont encore accès avec le monde extérieur.

 

 

En voici quelques exemples :lettre rafle.jpg

"Cher papa

On nous emmène au vélodrome d'hiver mais faut pas nous écrire maintenant parce que c'est pas sûr qu'on restera là. Je t'embrasse bien fort et maman aussi ta petite fille qui pense toujours à toi.
Marie"

 

 

 

 

 

Ainsi de Paulette Stokfisz-Bronstein dans une lettre à sa sœur Nana Dachy, rédigée dès son arrestation. "Je te fais écrire ces mots, la police est venue nous arrêter avec tous les juifs de la maison, on nous a enlevés moi et mes deux enfants, je t'écris pour te dire que nous allons être transportés au vélodrome d'hiver. Je te demande d'aller chez moi au nº 1, passage du Jeu-de-Boules dans le 11e arrondissement, de te faire donner les clés par la concierge, et tu n'as qu'à emmener tout ce qu'il y a. Prends toutes mes affaires, tout ce que tu trouveras (...) Apporte-moi quelques boîtes de conserve et apporte-moi deux jupes de rechange."

 

17 août 1942, son fils Jacques Bronstein, 16 ans, est interné au camp de Pithiviers (Loiret). "Chers tante et oncle, je vous écris ces quelques lignes pour vous donner de mes nouvelles, qui sont bien tristes. Maman a été déportée il y a dix jours vers une destination inconnue. Raymonde était à l'hôpital de Pithiviers avec une angine diphtérique. (...) Elle vient d'en sortir vendredi soir, malheureusement pour elle et pour moi, car il y a eu encore un départ samedi et Raymonde en était. (...) Je crois qu'elle est partie pour Drancy. Si vous pouvez faire quelque chose pour elle, faites-le, je vous en prie. (...) Il doit y avoir un départ samedi prochain, j'en serai sûrement. (...)"

 

Mais Paulette Stokfisz-Bronstein ne reviendra pas. Le 7 août 1942, elle est déportée à Auschwitz par le convoi n° 16, suivie le 2 septembre par ses enfants….

 

Pour que cela n’arrive plus jamais, pour que nous n’ayons jamais à vivre cela, n’éteignons pas leurs souvenirs.

 

Jennifer Goffaux, Alexandra Constant, Alexandra Dave :

 

Les Allemands ont attaqué la Belgique le 10 mai 1940. Dans notre pays, la guerre n’a duré que 18 jours. Mr RobertGetAttachment.jpg Dewez, notre témoin, avait 17 ans à l’époque. Après l’exode, il continue ses études à l’école coloniale d’Anvers.

 

Plus tard, il devient résistant et participe à des transferts d’armes et de matériel vers des endroits sûrs.

 

Il se souvient d’avoir transporté six mitraillettes « sten » qui se trouvaient sous son siège lorsqu’il a vu un camion allemand s’arrêter devant lui : après un moment de frayeur, il a vu les soldats  entrer dans l’auberge de Bouvignes pour se désaltérer…. Les armes étaient entreposées dans le hangar d’une ferme à Falaën. Il raconte  des actions de sabotage dans ce village où l’on fait  sauter des ponts et des rails de chemins de fer. Il participe aussi à la livraison de salopettes de résistants ou de cartes de ravitaillement.

  

robert dewez au collège.jpgLe 6 juin 44, les Américains débarquent en Normandie et libèrent la France et la Belgique. Mr Dewez va devenir volontaire de guerre et il sera versé dans le 6ème bataillon de fusiliers dont la mission consistera à protéger les aviateurs américains de la 1ère Armée. Il aime raconter qu’un pilote, le sergent Wills, lui a proposé de l’accompagner en mission. En passant à Sart-Saint-Laurent, il a déposé son ami Robert en atterrissant dans une prairie et l’a repris au retour. On devine aisément la surprise et le bonheur de ses parents et des amis qui se sont rassemblés pour fêter l’événement.

 

bataille des ardennes.jpgEn décembre 44, c’est l’offensive Von Rundstedt: les Allemands ont un dernier sursaut et lancent leurs chars dans la Bataille des Ardennes.

 

Mr Dewez raconte  qu’à Malmédy, les Allemands qui admettaient difficilement leur défaite ont rassemblé dans une clairière 82 soldats américains pour les fusiller par surprise.

 

Les Allemands seront repoussés jusqu’à Leipzig où les Russes et les Américains fêteront la victoire au champagne.

 

Il se souvient  avec émotion de la libération des camps de prisonniers.libération des camps 2.jpg Lorsqu’il y pénétrera  avec les Américains, il sera bouleversé par l’attitude des prisonniers qui tombaient dans les bras de leurs libérateurs et le bonheur pour les prisonniers belges d’entendre parler français et de retrouver des compatriotes parmi les soldats qui venaient les délivrer.

 

Madoline Dauvin : Etant née en 1997, je n’ai pas eu la chance de connaître mon grand-père décédé en 1995. Lui-même étant né en 1942, je dois remonter plus loin. Le 10 mai 1940, le capitaine Georges Houbion est à Arlon, à la garde du commandement de la province. Le 18 mai, il est à Ypres où on le charge de diriger le train du C.R.A.B. (Centre de Recrutement de l’Armée Belge).

12:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)