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23/12/2010

Meilleurs voeux 2011

Noël des Soldats

Chanté par Mr Noté à la Noël de 1915. Air : Minuit Chrétien.

 

Minuit soldats, c’est l’heure solennelle

Où le canon, pour un instant, se tait,

Où la faucheuse, à la voix rude et belle

Semble dormir et rêver à la paix.

Tout fait silence, dans la campagne immense,

Où, par milliers, vos frères sont couchés,

Veillez, soldats de Belgique et de France,

Veillez, ardents, sur votre sol sacré (bis).

 

Au jour levant, la foudre et la mitraille,

Parmi nos rangs, à nouveau, vont frapper

Et, de nouveau, renaîtra la bataille,

Où nul de nous ne voudra reculer.

Le soir verra tomber dans la poussière

Plusieurs de ceux qui chantaient ce matin,

Priez, soldats, pour ces glorieux frères,

Priez pour eux, vous, vainqueurs de demain (bis).

 

Vaillants soldats, voici la fière aurore.

Du jour béni où, l’immonde agresseur,

Enfin vaincu, mais résistant encore,

Vers son pays va fuir, la rage au cœur.

En attendant l’heure de la délivrance

Qui sonnera la fin de l’oppresseur,

Chantez, soldats, le Noël d’espérance,

Chantez joyeux, le chant libérateur (bis).

 

Carte Noël Anjou 1914.jpg

Du fond du cœur,

les membres du comité du Souvenir de Le Roux vous souhaitent,

ainsi qu’aux vôtres et à tous ceux qui vous sont chers,

une très joyeuse fête de Noël

et une nouvelle année 2011 éclatante de joie, de santé et de succès.

 

 

« Quand on aime la vie, on aime le passé,

parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine. »

Marguerite Yourcenar – Mishima ou la vision du vide (1981)

13/12/2010

Opérations-témoignages (04)

Journal du Souvenir (04)

 

Décembre 2010

 

Collège Saint-André : cours de Mme Bouhon (1e Cg)

 

Sarah Stoffel :

 

La rafle du « Vel’D’hiv »étoile juive.jpg

N’ayant plus personne dans ma famille pour me raconter et témoigner de la guerre 1940-45, nous avons regardé le film « La rafle » de Roselyne Bosch. Ce film m’a vraiment secouée et rendue triste de voir à quel point les juifs étaient coupables d’être nés pour Adolf Hitler et ses bourreaux.

 

Les rafles en France

Une rafle est une opération policière d’arrestation de masse. En France, les Juifs ne sont pas regroupés dans des ghettos, on a recours aux rafles pour les arrêter et les déporter.

Les allemands n’avaient pas les effectifs nécessaires pour procéder à des rafles massives. Ils devaient s’en remettre à la collaboration de la police et de la gendarmerie française pour arrêter les Juifs.

 

La rafle du « vel’ d’hiv » en juillet 1942, fut la première rafle où des femmes et des enfants furent arrêtés. La rafle, d’abord prévue aux 13 et 14 juillet est reportée aux 16 et 17 pour éviter qu’elle ne coïncide avec le jour de la fête nationale française.

vélodrome d'hiver.jpg juifs au vel d'hiv.jpg

Vélodrome d’hiver :                                     Juifs dans le vélodrome lors de la « rafle »

compétition de cyclisme (1936)                                       en 1942

         

Les 16 et 17 juillet 1942, 8160 juifs sont arrêtés par la police française et rassemblés au vel d’hiv. Parmi eux, 1129 hommes, 2916 femmes et 4 115 enfants.

Les conditions y sont abominables : pas de lits, pas de nourriture, un seul point d’eau et aucune hygiène.

Ils seront emmenés au camp de Drancy ou de Pithiviers, dans le Loiret (France) et seront tous déportés vers le camp de concentration d’Auswichtz-Birkenau d’où la plupart ne reviendront pas.

Sur 75 000 juifs déportés de France à peine 2500 en sont revenus. En Belgique, sur 25 000 juifs déportés, 2000 seulement survivront.

juifs à la gare.jpg
A la gare d’Orléans-Austerlitz à Paris,
les juifs montent dans les trains dirigés sur les camps du Loiret.

 

 

film la rafle.jpgDans le film, les acteurs de ces juifs montrent très bien l’incompréhension, la peur d’être séparés et l’espoir que cela ne durera pas longtemps. Ils ne peuvent pas imaginer un instant qu’ils vont être traités pire que du bétail et qu’ils seront conduits à la mort.

Beaucoup d’entre eux passeront des petits mots écrits à la « va-vite » pour rassurer leur entourage ; ces billets d’espoir seront passés en cachette grâce aux infirmières et aux pompiers qui ont encore accès avec le monde extérieur.

 

 

En voici quelques exemples :lettre rafle.jpg

"Cher papa

On nous emmène au vélodrome d'hiver mais faut pas nous écrire maintenant parce que c'est pas sûr qu'on restera là. Je t'embrasse bien fort et maman aussi ta petite fille qui pense toujours à toi.
Marie"

 

 

 

 

 

Ainsi de Paulette Stokfisz-Bronstein dans une lettre à sa sœur Nana Dachy, rédigée dès son arrestation. "Je te fais écrire ces mots, la police est venue nous arrêter avec tous les juifs de la maison, on nous a enlevés moi et mes deux enfants, je t'écris pour te dire que nous allons être transportés au vélodrome d'hiver. Je te demande d'aller chez moi au nº 1, passage du Jeu-de-Boules dans le 11e arrondissement, de te faire donner les clés par la concierge, et tu n'as qu'à emmener tout ce qu'il y a. Prends toutes mes affaires, tout ce que tu trouveras (...) Apporte-moi quelques boîtes de conserve et apporte-moi deux jupes de rechange."

 

17 août 1942, son fils Jacques Bronstein, 16 ans, est interné au camp de Pithiviers (Loiret). "Chers tante et oncle, je vous écris ces quelques lignes pour vous donner de mes nouvelles, qui sont bien tristes. Maman a été déportée il y a dix jours vers une destination inconnue. Raymonde était à l'hôpital de Pithiviers avec une angine diphtérique. (...) Elle vient d'en sortir vendredi soir, malheureusement pour elle et pour moi, car il y a eu encore un départ samedi et Raymonde en était. (...) Je crois qu'elle est partie pour Drancy. Si vous pouvez faire quelque chose pour elle, faites-le, je vous en prie. (...) Il doit y avoir un départ samedi prochain, j'en serai sûrement. (...)"

 

Mais Paulette Stokfisz-Bronstein ne reviendra pas. Le 7 août 1942, elle est déportée à Auschwitz par le convoi n° 16, suivie le 2 septembre par ses enfants….

 

Pour que cela n’arrive plus jamais, pour que nous n’ayons jamais à vivre cela, n’éteignons pas leurs souvenirs.

 

Jennifer Goffaux, Alexandra Constant, Alexandra Dave :

 

Les Allemands ont attaqué la Belgique le 10 mai 1940. Dans notre pays, la guerre n’a duré que 18 jours. Mr RobertGetAttachment.jpg Dewez, notre témoin, avait 17 ans à l’époque. Après l’exode, il continue ses études à l’école coloniale d’Anvers.

 

Plus tard, il devient résistant et participe à des transferts d’armes et de matériel vers des endroits sûrs.

 

Il se souvient d’avoir transporté six mitraillettes « sten » qui se trouvaient sous son siège lorsqu’il a vu un camion allemand s’arrêter devant lui : après un moment de frayeur, il a vu les soldats  entrer dans l’auberge de Bouvignes pour se désaltérer…. Les armes étaient entreposées dans le hangar d’une ferme à Falaën. Il raconte  des actions de sabotage dans ce village où l’on fait  sauter des ponts et des rails de chemins de fer. Il participe aussi à la livraison de salopettes de résistants ou de cartes de ravitaillement.

  

robert dewez au collège.jpgLe 6 juin 44, les Américains débarquent en Normandie et libèrent la France et la Belgique. Mr Dewez va devenir volontaire de guerre et il sera versé dans le 6ème bataillon de fusiliers dont la mission consistera à protéger les aviateurs américains de la 1ère Armée. Il aime raconter qu’un pilote, le sergent Wills, lui a proposé de l’accompagner en mission. En passant à Sart-Saint-Laurent, il a déposé son ami Robert en atterrissant dans une prairie et l’a repris au retour. On devine aisément la surprise et le bonheur de ses parents et des amis qui se sont rassemblés pour fêter l’événement.

 

bataille des ardennes.jpgEn décembre 44, c’est l’offensive Von Rundstedt: les Allemands ont un dernier sursaut et lancent leurs chars dans la Bataille des Ardennes.

 

Mr Dewez raconte  qu’à Malmédy, les Allemands qui admettaient difficilement leur défaite ont rassemblé dans une clairière 82 soldats américains pour les fusiller par surprise.

 

Les Allemands seront repoussés jusqu’à Leipzig où les Russes et les Américains fêteront la victoire au champagne.

 

Il se souvient  avec émotion de la libération des camps de prisonniers.libération des camps 2.jpg Lorsqu’il y pénétrera  avec les Américains, il sera bouleversé par l’attitude des prisonniers qui tombaient dans les bras de leurs libérateurs et le bonheur pour les prisonniers belges d’entendre parler français et de retrouver des compatriotes parmi les soldats qui venaient les délivrer.

 

Madoline Dauvin : Etant née en 1997, je n’ai pas eu la chance de connaître mon grand-père décédé en 1995. Lui-même étant né en 1942, je dois remonter plus loin. Le 10 mai 1940, le capitaine Georges Houbion est à Arlon, à la garde du commandement de la province. Le 18 mai, il est à Ypres où on le charge de diriger le train du C.R.A.B. (Centre de Recrutement de l’Armée Belge).

12:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/12/2010

Opérations- témoignage (03)

Journal du Souvenir (03)

Décembre 2010

De la classe de 5e de l’école Saint-Feuillen  -  Titulaire : Mr Laurent            

Mercedes : La 2ème guerre mondiale est une guerre pleine d’intrigues qui s’est déroulée pendant plus de 3 ans dans les cabinets des hommes d’Etat, dans les salles de torture, dans les prisons et au sein des services   d’espionnage.  

Anne Franck.jpg

Le témoignage le plus connu est celui d’Anne Frank. Traquée par la Gestapo, Anne Frank et sa famille pénètrent dans le grenier d’une maison d’Amsterdam. Là, les Frank partagent leur cachette avec une autre famille. Anne Frank suit la tragédie que chacun vit et décrit la vie de ceux qui l’entourent.

J-B : Ma grand-mère avait entre 7 et 8 ans pendant la guerre. Elle vivait à Bruxelles. Elle se souvient des officiers allemands en uniformes verts. Dans les trams, un wagonOfficier allemand.jpg était réservé aux Allemands, même pour un seul voyageur.

Des sirènes prévenaient du passage d’un avion : à l’école, il fallait descendre à la cave et les cours continuaient sur les bancs qu’on y avait installés.

On lui répétait de ne rien ramasser par terre, ça pouvait être une mine, un engin explosif,…

 

MARMIT~1.JPGSa grand-mère faisait du gâteau genre cake à la farine de pomme de terre. Elle avait fait une « casserole norvégienne » dans une caisse avec des couvertures qui lui servaient de four ; le gâteau montait au milieu.

 

 

Daemian : Au début de la seconde guerre mondiale, un plan d’évacuation a été mis en place pour laisser champ libre au mouvement des troupes.

On pouvait obtenir des tickets de rationnement à la maison communale. Il y avait des prioritaires : les femmes enceintes en premier, les invalides en dernier !

FUSILL~1.JPG

 

Les résistants sabotaient les points stratégiques comme les ponts, les pylônes électriques. Parfois, les Allemands organisaient des représailles lorsque des soldats allemands avaient été blessés ou étaient morts à cause des actions des résistants. Ils prenaient des otages et les fusillaient…

Des membres des familles des fusillés dénonçaient parfois les résistants ou leurs indicateurs, leurs sympathisants !

Chloé : Mon papy Louis est né le 12 mai 1939, avant la guerre. Le seul souvenir qu’il a de la guerre c’est quand les Allemands ont mis le feu à la tour du château d’eau de Bambois.

V1%20et%20V2.jpgMa mamy Marcelle est née en 1935. Elle avait 5 ans quand la guerre a commencé. Les Allemands ont fait exploser le pont de Farciennes et le plafond de ma maison a bougé ! Un V1 est tombé au Wainage.

Mon papy Jean avait 2 ans pendant la guerre. Il se souvient que l’on a fusillé des personnes du village de Farciennes.

 

Laura : C’est notre instituteur qui nous a dit que la guerre commençait. Nous avions 5 et 13 ans. On habitait dans les Ardennes et on entendait fort les Allemands.

Mon papa était militaire et il est entré dans la résistance. On est resté sur place.paras%20sautant.jpg

 

J’ai vu des parachutistes qui sautaient des avions. On a aussi assisté au passage de V1 et V2. Certains tombaient et faisaient beaucoup de dégâts.

 

BOMBAR~1.JPGDélia : Mon arrière-grand-mère Thérèse avait 13 ans au début de la guerre. Elle raconte : J’habitais à 500m de la gare. Mon papa avait été soldat pendant la guerre 1914-18 : il en avait gardé des séquelles mentales. Il était souvent violent et faisait des crises de colère. Il haïssait les Allemands. Il les insultait de « sales boches ». Lorsqu’ils passaient, nous enfermions papa dans la cave.

Chaque jour, nous vivions dans la peur ! Nous craignions les violences de la part des Allemands, des SS surtout. Nous avions peur des arrestations, peur de voir la maison incendiée ou de mourir de faim !

Durant les deux dernières années de la guerre, nous craignions que les avions américains survolant notre village ne lâchent maladroitement leurs bombes sur notre maison.

J’ai donc eu peur, faim et froid pendant 5 années. J’ai eu la chance de survivre à tous ces drames. Mais je n’ai jamais oublié mon adolescence ratée et toutes ces années difficiles.

Théo : Sur le site internet de Wikipédia, sous le titre « Seconde guerre mondiale », on trouve une mine de renseignements sur ce conflit, sur ses différents acteurs et sur l’évolution de la guerre. 

laissez-passer%20en%2040.jpgJean Romain raconte :

Lorsque j’ai atteint mes 17 ans, j’ai été amené à aider la résistance.

Le vicaire de Fosses m’avait appelé pour me demander d’aller chez le curé de Mettet en vélo pour recevoir un colis.  Le curé me fait entrer chez lui et me demande de me retourner pendant qu’il va à son bureau ; comme j’étais curieux, j’ai regardé en coin et je l’ai vu soulever le fond d’un tiroir et en sortir une grande enveloppe qu’il me remet en me recommandant de la cacher. Je la mets dans la sacoche de mon vélo. En revenant vers Fosses, je suis arrêté par des Allemands qui me demandent où je vais. Je trouve une réponse et j’ai la chance qu’ils ne m’inquiètent pas et ne me fouillent pas…

Heureusement pour moi car j’ai appris en remettant l’enveloppe au vicaire de Fosses qu’elle contenait des laissez-passer qui devaient faciliter la circulation de résistants, de pilotes anglais ou de juifs.

Sevdenur : A la fin de la guerre, les Allemands tentèrent une nouvelle fois d’attaquer les Alliés et ce fut la « Bataille des Ardennes » à laquelle participa notamment lela-bataille-des-ardennes-1965-3802-1416784279.jpg 5ème Bataillon Fusiliers.

 

Ce Bataillon prit part à la Bataille des Ardennes. Certains membres du 5ème furent la cause de l'arrêt  des chars allemands (faute de carburant) commandés par le Colonel SS Peiper: afin que les Allemands ne puissent les utiliser, ils mirent tout simplement le  feu aux "jerrycans" de carburants qu'ils avaient ordre de garder, peu avant l'approche des chars nazis! (Un tas de jerrycans d'essence =     3 mètres de large x 20 mètres de long)(photo)

 

 

Michel Dargent raconte la libération :

Nous étions le 4 septembre 1944. Les Américains débarquaient à Le Roux. Des avions bimoteurs  atterrissaient pas loin de la chapelle Saint-Roch, et les enfants découvraient pour la première fois le chewing-gum et le chocolat (l’industrie chocolatière belge s’était arrêtée pendant cinq ans).

Le soir, une cantine s’installait à l’orée du bois menant vers Devant-les Bois. De nombreuses personnes venant de toute la région accoururent pour fêter, comme il se doit, ceux qui nous faisaient retrouver une liberté perdue depuis 4 ans.

22:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)