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25/08/2009

La Belle-Motte : mémoire impérissable après 95 ans.

Depuis 1919, une cérémonie annuelle est organisée au cimetière militaire de la Belle-Motte en témoignage de reconnaissance envers le sacrifice consenti par ces milliers jeunes soldats Bretons, Normands, Girondins où  encore Zouaves et Tirailleurs venus d’Afrique du nord.

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649Aisaeu comm_moration bataille de la Sambre 2009 _11_.JPGCe dimanche 23 août 2009, le 95ème anniversaire était rehaussé par de nombreuses personnalités dont on retiendra la présence de l'arrière petit-fils du Maréchal Foch, Monsieur Remy Bécourt-Foch (à gauche sur la photo avec Daniel Tilmant)  et délégations patriotiques avec drapeaux trop nombreuses à énumérer. Les honneurs militaires étaient rendus par un détachement composé d’une escouade du 3ème Régiment du Génie de Charleville-Mézières et d’un peloton du 2ème Wing Tactique de Florennes. Les sonneries et la partie musicale étaient assurées par les trompettes de la musique royale des Guides de Bruxelles, par Dany Bastin à la cornemuse et par l’harmonie royale « L’Union » de Fraire. Le cortège militaire et patriotique était précédé de la police fédérale montée.

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Rappelons-nous : dès le 15 août 1914, les éléments avancés de la 5ème Armée française bordent la Meuse et sont directement aux prises avec l'ennemi. Le gros de cette Armée arrive dans notre région le 20 août et s'installe le long de la Sambre.

 

L'Armée allemande passe à l'attaque les ponts de la Sambre le 21 août. La bataille durera trois jours. Pour éviter l'encerclement et la destruction, la 5ème Armée rompt le combat dans la nuit du 23 au 24 août et retraite en combattant. En trois jours de combat, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, elle a perdu plus de 7.300 des siens en tués.

                                                                                                               

A coté des pertes et des destructions dues au combat, la population belge subit de nombreuses atrocités de la part de l'ennemi : otages utilisés comme bouclier humain ou fusillés sans raison, nombreuses maisons incendiées.

 

Familles présentes.

 

De nombreuses familles françaises profitent de ces cérémonies pour fleurir la tombe de leur aïeul. Cette année, deux soldats morts pour la France et inhumés dans la Nécropole, sont mis à l’honneur.

 

Scan00013.jpgLe premier, le soldat Henry Fradin n'a pas pris part aux combats de la Sambre. Mobilisé en 1915, il rejoint le 91ème Bataillon d'Infanterie le 19 mars de cette année. Il est marié et père de famille. Il est porté disparu le 6 avril 1918 en foret de Coucy dans l'Aisne alors qu'il sert au 279ème Régiment d'Infanterie Territorial.

 

Fait prisonnier, il est conduit dans un camp de prisonnier à Darmstadt en Allemagne et par la suite à Sivry-Rance en Belgique où il est mis au travail dans une scierie exploitée par l'Armée allemande. Il y décédera le 31 août 1918 de la grippe espagnole. Il est inhumé dans le cimetière de Rance et sera transféré en la Nécropole de la Belle-Motte dans les années 1920.

 

Depuis la fin de la guerre, son épouse d'abord, ses enfants et petits enfants ensuite, ont tout mis en œuvre, sans succès, pour retrouver l'endroit où il avait été inhumé. En désespoir de cause, ils se sont adressés au Groupe Départemental de Recherches Sépulcrales et de Mémoire historique combattante de la Vendée. C'est lors d'un travail, sur un tout autre sujet, entre ce groupe et le Comité du Souvenir de Le Roux que l'on s'aperçoit qu'il repose à la Belle-Motte.

 

C'est donc la première fois en ce dimanche 23 août que des membres de sa famille, ses petits enfants en l'occurrence, peuvent se recueillir sur sa tombe et la fleurir. Les membres du Comité du Souvenir ainsi que toute la communauté réunie se sont associés à la famille dans ce moment d'émotion.

 

Autre grand moment d’émoi et de sérénité lorsque le 3ème Régiment du Génie sous les ordres de son chef est invité de se mettre en place auprès de la tombe du soldat Louis Taffin pour rendre hommage à un de leurs Anciens tué à l'ennemi pendant les combats de la Sambre. Il est rejoint par une délégation du village de Mont-Bernenchon d'où est originaire ce soldat. La délégation est conduite par Madame Marie-Claude Duhamel, maire de cette ville.

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En août 1914, le soldat Taffin sert comme sapeur dans la 1ère Compagnie du 1er Bataillon du 3ème Régiment du Génie. Cette Compagnie, chargée de l'appui travaux de la 1ère Division d'Infanterie a été déployée dans la région de Dinant.

 

Le 22 août, elle reçoit l'ordre de faire mouvement vers Sart-Saint-Laurent afin d'organiser la défense du village. Le 23 août à 9 heure 30, ordre lui est donné d'occuper et de défendre la lisière ouest du bois de la Folie. Le journal de marche et des opérations de la Compagnie décrit les combats de cette journée :

 

Quelques schrapnels sont tirés sur le bois. Le capitaine fait prendre à la compagnie des formations largement ouvertes pour P8230085.JPGrésister à ce feu d'artillerie. Le village de Fosses est incendié par l'ennemi. A 13 heures, une attaque se prononce sur la ferme de la Folie. Le capitaine est prévenu par un soldat du 84ème qu'une section d'infanterie engagée au nord du bois est décimée par l'ennemi et demande du renfort. A 14 heures, les éléments d'infanterie qui occupaient la ferme et les environs se replient sur ordre sans que la compagnie du Génie soit prévenue. Le capitaine se rend compte qu'il est en présence de forces ennemies très supérieures en nombre. Il prend la décision, de se replier par échelon en combattant. La retraite s'exécute en bon ordre, sous un feu très meurtrier. C'est au cours de cet engagement que le sapeur Taffin tombe frappé d'une balle en plein front.

 

Trois autres familles étaient également présentes sur les chemins de la mémoire à la Belle-Motte : la famille du Capitaine Charles Peslin tué à Oret représentée par le Dr Jean-Paul Alard, son épouse, née Peslin, petite-fille, et leurs deux fils, ainsi que la famille Régis Usson, neveux du caporal Marius Usson tué le 24 août dans les combats d’Oret. Fidèle depuis 2006, Monsieur Christian Schenkel de Metz vient760.JPG chaque année fleurir la tombe de son grand-oncle le soldat Georges Jehenne tombé à Le Roux le 22 août 1914. Cette année, il est revenu déposer au pied de sa croix de la terre normande prélevée dans son village natal de Guilberville situé à 20 km de St-Lô dans la Manche.

 

De nombreuses délégations bretonnes et normandes étaient venues en force en cars de Guingamp, Saint-Malo, Vitré, Rouen, mais aussi du canton de Givet avec qui le Comité du Souvenir est jumelé.

 

 

Le parrainage des tombes.

 

Depuis sa création en 2006, l’opération de parrainage ou d’adoption d’une tombe rencontre un vif succès parmi toutes les couches d’âge de la population. Ils étaient cette année 270 à déposer un bouton de rose au pied d’une croix ou d’un emblème des régiments d’Afrique du nord.P8230093.JPG

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                                                                                                                                                           D’autres moments très intenses ont marqué le déroulement de la cérémonie : le discours du bourgmestre d’Aiseau-Presles dont on pourrait regretter le passage relatif aux problèmes de politique intérieur qui n’avaient rien à voir avec cette manifestation. Les interventions de la jeunesse par Anaïs Leal y Pitia de Roselies (photo ci-contre) 289.JPGet du Gouverneur de la Province de Namur étaient très philosophiques et très adaptées à la circonstance.

En documents attachés, voici les discours du Colonel (er) Chabot, d’Anaïs Léal et du Gouverneur de Namur :

Discours Ch. Chabot Le Roux 2009.pdf

Discours Anaïs Leal.pdf

Discours Gouverneur Namur.pdf

 

Autres instants émotionnels, d’abord la sonnerie de cornemuse à l’appel aux Morts du 47ème Régiment d’Infanterie de Saint-Malo, du 48ème Régiment d’Infanterie de Guingamp, du 74ème Régiment de Rouen et du 136ème Régiment d’Infanterie de Saint-Lô, ensuite par les nombreux dépôts de fleurs (une vingtaine) au pied de l’Ogive, aux deux Ossuaires et au Monument contenant de la terre de Verdun.

 

 

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Pour conclure aux côtés de nos jeunes parrains et marraines, nous pourrions chanter avec Laurent Voulzy : « Je m'souviens, on avait des projets pour la terre, pour les hommes comme la nature, faire tomber les barrières, les murs. Changer le monde, changer les choses avec des bouquets de roses. »

 

La presse était présente. Cliquez sur les liens ci-dessous : 

 

Vers l'Avenir (p.1) 24.08.2009.pdf

Vers l'Avenir (p.2) 24.08.2009.pdf

Vers l'Avenir 25.08.2009.pdf

La Nouvelle Gazette 26.08.09 (Edit. Charleroi).pdf

 

Visionnez le reportage photographique de Jacques Mansy, journaliste à Sud-Presse en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://portfolio.sudpresse.be/main.php?g2_itemId=343553

 

 

Tamines, Auvelais et Jemeppe-sur-sur-Sambre ont commémoré également la bataille de la Sambre, tandis que Dinant se souvenait que plus de 600 Dinantais tombaient sous les balles ennemies. La presse nous en relate les cérémonies. Cliquez sur les liens ci-dessous :

http://www.actu24.be/article/sambreville_5060_tamines_et_...

Jemeppe.sur.Sambre_VA 27.08.09.pdf

Dinant_VA 27.08.09.pdf

 

 

 

 

 

Commentaires

je pense qu'il faudrait s'organiser pour commémorer les évènements de 14 en 2014. Pourquoi ne pas créer dès à présent une Amicale 2014 ? Un évènement intéressant aura lieu fin de cette année dans la région, mais ce n'est pas encore officiel ! Pourquoi ne pas en profiter pour se réunir et évoquer cette Amicale 2014 ? Jean-Michel DEMANET - Mont-sur-Marchienne - 0473 / 54.50.91.

Écrit par : Jean-Michel DEMANET | 07/10/2009

Qui pourrait me renseigner sur une association : "Les 400, So ciété d'assurance mutuelle en cas de décès" sans doute à Gozée ? Secrétaires ou trésoriers : C. Durbèque, peut-être Parfait Durbèque, facteur dont la fille a épousé Robert Piérard, garde-champètre et président de la section locale de Gozée de la FNAC, grand artisan des retrouvailles entre Gozéens et anciens du 49 RI de bayonne, dans les années 50-60, avec mon grand-père. Malheureusement, Mme Piérard vient de décéder, il y a quelques mois - Elle n'aura pas eu le plaisir de voir la présentation du livre de Jules Renard à Gozée, 23/08. autre animateur de cette société mutuelle, Armand Bury, future bourgmestre, d'où une rue ! Ils sont les signataires d'un mystérieux reçu relatif à des victimes de la guerre 14, certaisn en 19, mais certains ne figurent sur aucune listes officielles ? mystère à élucider ! Où pourraient se trouver les archives de cette mutuelle ? Merci - Jean-Michel DEMANET - 0473 / 54.50.91.

Écrit par : Jean-Michel DEMANET | 07/10/2009

Marceau Coppin et moi, nous nous posons toujours la question avec Pierre et Marie-Christine Dejardin de savoir où le Capitaine Burgalat serait mort à Gozée, le 23/08. Il aurait pu être enterré sur le terrain de la Terre à Choux, rue Cocogne, actuelle Rue Armand Bury (mon avis précédent), mais est-ce finalement là ? Marceau se souviens avoir retrouvé, qund il était enfant un revolver d'ordonnance, rouillé, gachette rouillé mais décollée, deux ou trois balles ds le barillet, sur un terrain à l'arrière des maisons 13 ou 15 de la ru Bury, proche du tertre de la Terre à Choux, mais de l'autre côté de la route (procimité de la Voie de Messe"). L'important c'est la manifestation de la vérité historique (la Terre à Choux appartenait donc à mes ancêtres). Dommage que Mme Piérard soit décédée il y a quelques mois (mon avis) précédnt, car sa maman, Jeanne dite Jeanne Parfait a habité âgée pres du nouvel emplacement désigné par Marceau pour la désignation du lieu de décès du Cap Burgalat ? Merci - 0473 / 54.50.91.

Écrit par : Jean-Michel DEMANET | 07/10/2009

Madame Monsieur,
Notre amicale mémoire du réseau GALLIA recherche la famille du commandant PESLIN Pierre.
Chef régional du réseau GALLIA.
Merci de nous aider.
Cordialement
Jacques DIEU
Secrétaire général

Écrit par : DIEU | 09/09/2010

Monsieur DIEU, bonjour. Je pense que vous comprendrez que par respect de la vie privée des personnes, je ne peux vous communiquer les coordonnées de la famille Peslin par ce canal. Néanmoins, voici mon e-mail privé : daniel.tilmant@gmail.com sur lequel vous pouvez me transmettre vos coordonnées (e-mail ou adresse privée). Je ne manquerai pas de les transmettre à la famille Peslin à qui je demanderai de prendre contact avec vous. Salutations distinguées. D. Tilmant.

Écrit par : TILMANT Daniel | 14/09/2010

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