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Le Comite du Souvenir de Le Roux (B)

1.    Août 1914.

La Belgique vient de rejeter l’ultimatum des Allemands, qui demandent à traverser librement notre pays pour attaquer la France. La guerre est inévitable. Malgré leur bravoure, nos soldats belges ne peuvent endiguer l’avance des armées teutonnes. Restait la Sambre comme dernier obstacle naturel, avant que les soldats du Général von Bülow ne déferlent « nach Paris ». Du quartier Général des Armées françaises, ordre est donné au Général Lanrezac, commandant du 10ème Corps d’Armée français de « tenir jusqu’au bout de la rivière ».

Quatre mots qui vont susciter des actes d’héroïsme innombrables que rappellent les monuments Lemercier à Arsimont, Lefeuvre à Tamines, Cotelle et le Square de Zouaves à Le Roux, mais aussi hélas, les deux cimetières militaires français. De même que ces croix de pierre qui à Ham-sur-Sambre, à Arsimont, à Roselies, à Farciennes et à Pont-de-Loup, sont autant de témoignages au bord de nos routes, de sacrifices individuels.

De Ham-sur-Sambre à Farciennes, en passant par Velaine-sur-Sambre, Auvelais, Arsimont, Tamines, Roselies et Le Roux, la Basse-Sambre paie un lourd tribut à l’armée ennemie.

Dès la déclaration de la guerre, le 10ème Corps d’Armée français, stationné en Bretagne et en Normandie, gagne par voie ferrée la région de Rethel dans les Ardennes françaises, puis, à marches forcées, arrive en Basse-Sambre.

c37c9fad79d5eeb49f58637c1c2c646f.jpgLes 20, 21 et 22 août 1914, trois jours durant, les troupes du Général Lanrezac résistent avec une détermination farouche face aux « hulans » de von Bülow. Habitués à vaincre, ceux-ci rendus furieux par cette résistance qui freine leur « marche fraîche et joyeuse » vers Paris, mettent la région à feu et à sang. Il y a un Français pour trois Allemands. Les Français ne disposent pas d’armement aussi performant que les Allemands, ils ne sont pas préparés et de plus, ils sont fatigués par leur longue marche de Rethel jusqu’en Basse-Sambre. Dans ces conditions, l’échec est inévitable.

Depuis, quelques six mille « culottes rouges » résident dans nos cimetières de la Belle-Motte aux confins des anciennes communes d'Aiseau/Le Roux et d'Auvelais ; près d’un millier de civils aussi payent de leur vie la furia teutonne et notamment à Tamines dont 364 habitants sont fusillés à la mitrailleuse le long de la Sambre, place Saint-Martin.

2.    Un fidèle Comité du Souvenir.

Au lendemain de la première guerre mondiale, lorsque les Anciens Combattants de Le Roux se retrouvent, ils décident d'organiser tous ensemble la kermesse communale le dernier dimanche du mois d'août 1919.

A cette occasion, les jeunes filles du village les couvrent de fleurs.

Emus et conscients qu'ils ont la chance de rentrer sains et saufs, alors que plus de 4.000 soldats français reposent à la Belle-Motte, tous, ils gagnent en cortège, le cimetière militaire français. Ils y déposent les bouquets de fleurs sur les tombes. Ils saluent leurs frères d'armes bretons et normands disparus et ils se jurent alors de revenir chaque année, le dimanche le plus proche du 22 août.

Cette initiative conduit à la création en 1919, du premier Comité du Souvenir, lequel est composé à l'époque de MM. le Comte Jacques d'Oultremont de Presles, Adrien Challe, secrétaire communal de Le Roux, Edouard Cognioul, directeur de la fonderie du même nom, Emile Pêtre, directeur des Glaceries d'Oignies et Ernest Scheffers, directeur des Charbonnages d'Oignies-Aiseau qui fut par ailleurs le premier président.

Un autre comité du Souvenir, celui des Anciens Combattants de Le Roux, prend le relais l'année6691213e8637b0d2b27ab1ec9b8243f1.jpg suivante, sous la direction d'Adrien Challe qui sera l'unique président jusqu'à son décès en 1978. De tous nos anciens de 14-18, hélas il n'en reste plus et pourtant le serment est tenu.

Vient la fusion des communes en 1977. Le village de Le Roux perd son identité communale et est relié dans l'entité de Fosses-la-Ville.

A ce moment-là, les Anciens Combattants ont pris de l'âge et c'est l'administration communale de Le Roux qui organise depuis 1971 les cérémonies commémoratives de la Bataille de la Sambre. Mais avec cette fusion des communes, les Anciens Combattants craignent que la nouvelle commune de Fosses-la-Ville ne prenne plus en charge les festivités et que celles-ci disparaissent. Il est donc demandé à Jules Ernest (U) et Daniel Tilmant, de reprendre le flambeau.

Dès juillet 1977, la prérogative de ces cérémonies bien spécifiques à notre communauté locale est conviée à ce duo de volontaires, dont le souci est de maintenir et de perpétuer le Souvenir de tous les héros, combattants de notre Liberté.

A cette époque, pratiquement plus personne n'assiste aux manifestations. Jules Ernest et Daniel Tilmant ne veulent pas dépenser leur énergie pour des cérémonies qui ne sont pas suivies.  Ils se lancent un défi : donner plus d'éclat à ces cérémonies notamment en associant la jeunesse. Ils reprennent également contact avec les autorités françaises qui, depuis 1964, ne participent plus à ces commémorations.

Depuis cette date, beaucoup de manifestations importantes du Souvenir ont imprégné la vie rovelienne et l'entité fossoise en particulier dans les relations franco-belges avec les mairies bretonnes de Vitré, Rennes, Saint-Malo, Dinan-sur-Rance, Saint-Brieuc, Guingamp et normandes de Granville, Saint-Lô, Cherbourg et Rouen. Des relations inter-municipales avec la ville de Givet sont très largement développées aussi bien sur le plan patriotique, que sur les activités culturelles. Les comités du Souvenir de Givet et de Le Roux scellent leur Amitié au bas d'une charte de Jumelage signée à Givet le 26 juin 1994 et renouvelée à Le Roux, le dimanche 20 août 1995.

En 1979, René Hatert rejoint le duo, suivi deux ans plus tard par Jacqueline Legrain pour une courte période. Au décès de Jules Ernest en 1984, Michel Bierlaire accepte de lui succéder aux finances. En 1988, Claude Maudoux rentre dans le groupe avec Gérard Parent en 1995 et Pierre Godenne comme porte-drapeau en 1996.

En ce début d'année 2002, plusieurs anciens confient leur charge à une équipe plus jeune qui se compose de : Md Marie-Jeanne Pétiniot et MM. Cédric Tahir, Francis Borgnet, Pascal Guilin et Luc Charles secondés dans leurs fonctions par deux anciens : Pierre Godenne et Daniel Tilmant. En 2004, Cédric Tahir devient président.

c3e9f6d4a7e0e2e03a082a5961932d3a.jpgAujourd’hui, le Comité est actuellement présidé depuis 2005 par le Colonel (e.r.) Christian Chabot encadré par Huguette Patris, secrétaire, Luc Charles, trésorier, Pierre Godenne, porte-drapeau, Michaël Chapelle et le Lt-Col (e.r.) Jean-Luc Vanbel, administrateurs. Jean-Luc Collin, fils d’un ancien de 40-45, gagne le groupe en 2008. Daniel Tilmant qui assura la présidence de 1977 à 2003, est toujours administrateur en qualité de Président d’Honneur depuis 2003.